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samedi 12 octobre 2013

Jeudi 17 octobre: Réflexion et solidarité avec Youri, Guillaume, et les incarcéréEs


Jeudi 17 octobre 2013
Café Aquin - UQAM A-2445
18:15

Dans la foulée de ce qui se passe avec Youri et Guillaume, un 5à7 échange et discussion autour de la prison, de la façon dont on peut avoir une solidarité active et constante avec les détenu-e-s est organisé au Café Aquin. Un atelier sur les prisons, leur fonctionnement, leur reproduction d'un système raciste, homophobe et patriarcal sera proposé, suivi d'une discussion et si vous le souhaitez, une séance d'écriture de lettres pour Youri et Guillaume. Il est clair que nous assistons à une normalisation de la sentence d'emprisonnement envers les militant-e-s, ce qui nous amène à devoir réfléchir à de nouveaux paradigmes de luttes. Rassemblons-nous, réfléchissons-y et luttons.

Ya Basta!

dimanche 6 octobre 2013

Solidarité avec Youri et Guillaume! (Des lettres, des livres et des sous au delà des barreaux!)

Après 3 années de procédures judiciaires, Youri Couture et Guillaume Constantineau ont été condamnés à une peine de six mois de prison en lien avec les manifestations contre le G20 à Toronto en 2010. (pour plus de détails voir : http://www.clac-montreal.net/youri_et_guillaume , http://voir.ca/marc-andre-cyr/2013/10/03/six-mois-de-prison/ et le blog de Youri http://yourigrad.blogspot.ca/

Le conservatisme du système carcéral ne permet qu’à la famille et les conjointes de visiter les deux détenus. Pour y pallier, les ami-es, collègues, camarades n’ont d’autre choix que de leur écrire. Que vous les connaissiez beaucoup, peu ou pas pantoute, quelques mots, dessins, prenant la forme de votre choix seraient vraiment appréciés.

Nous sommes une petite équipe à se proposer pour l’envoi des lettres. Nous vous tiendrons informé-es dans les prochains jours des deux points de chute pour les lettres à Montréal.

Entre temps vous pouvez également leur écrire par vous-même. Il est important d’écrire sur l’enveloppe:

Guillaume Constantineau
No. PAV078829-13, Aile GG2 DODO
Centre de détention Montréal - Bordeaux
800, boul. Gouin Ouest
Montréal, QC H3L 1K7

ou

Youri Couture
No. DRM510047-10, Aile GG2 DODO
Centre de détention Montréal - Bordeaux
800, boul. Gouin Ouest
Montréal, QC H3L 1K7

* Notez toutefois que l’adresse peut changer lorsqu'ils seront assignés à une cellule (numéro d’aile différent) ou s'ils sont transférés à une autre prison.

*Aussi, soyez bien averti-es que vos lettres peuvent être lues, ainsi réfléchissez bien à ne mettre personne dans la merde.

**********************************************)
Des livres sont également collectés au Café Aquin, dans une boîte destinée à cet effet. Il faut privilégier les fictions (ils aiment particulièrement la science fiction dystopique, les romans politiques, les livres historiques, la poésie, etc.) et les essais sont moins bien tolérés en prison. Aucun contenu avec de la nudité ou de la violence n’est permis.

**********************************************)
Des sommes sont aussi ramassées par la CLAC pour Youri et Guillaume, qui en auront besoin pour la cantine, pour aider à payer certaines dépenses pendant qu’ils sont emprisonnés et, surtout, pour les aider à leur sortie de prison.

Il suffit d'envoyer un chèque à l'ordre de:
« Convergence des luttes anticapitalistes »
avec la mention "Soutien pour Youri & Guillaume" dans le "Pour", à l'adresse suivante:
Fond de défense juridique de la CLAC/QPIRG Concordia
1500 de Maisonneuve Ouest, #204
Montréal, Québec H3G 1N1

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lundi 3 juin 2013

Lancement: "Guide de survie face aux agent(e)s de sécurité privée"

Samedi 8 juin 20h - REPORTÉ A UNE DATE ULTÉRIEURE
Au RÉACTEUR 2401 Sainte-Catherine Est
Avec Urbain Desbois et Héliogabal

*Note de mon moi: Je dois insister sur l'importance de ce tout nouveau document. Vous savez exactement ce que je veux dire quand j'exprime que les gardes de sécurité font partie de notre quotidien et ça fait des années qu'illes sont de plus en plus présentEs sans qu'on puisse exactement avoir les outils pour connaitre leurs limites et leur pouvoir exact sinon celui de d'écoeurer et de faire peur aux gens. Je pense que ce guide devrait être diffusé en grand nombre et je remercie beaucoup la personne qui a travaillé là dessus.
- Ceci étant dit je ne connais pas vraiment Urbain Desbois et j'avais jamais entendu parler de Héliogabal... Je n'ai aucune opinion sur le show, mais procurez-vous des guides et mettez les partout! :)


L'Association pour la Liberté d'Expression vous invite à une grande soirée festive au Vortex-Réacteur nucléaire - 2401, rue Sainte-Catherine Est - afin de célébrer le lancement de sa brochure intitulée "Guide de survie face aux agent(e)s de sécurité privée".

Les profits amassés lors de la soirée seront versés aux arrêtéEs du 15 mars 2011 qui contestent l'article 500.1 du Code de la sécurité routière.

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"Guide de survie face aux agent(e)s de sécurité privée".

Qu’on le veuille ou non, les agentEs de sécurité privée sont présentEs dans plusieurs aspects de notre vie comme à l’école, dans les centres commerciaux et même dans l’espace public. Ce qui est encore plus fâchant, c’est que très peu de gens sont au courant des pouvoirs des agentEs de sécurité et des recours possibles pour les victimes d’abus. C’est justement dans le but d’informer et de créer un rapport de force que nous avons entrepris la production de cette brochure.

Tu y trouveras de l’information sur les pouvoirs des agentEs en matière d’arrestation, de détention et de fouille. Il sera notamment question des lois qui encadrent leur travail, mais aussi de conseils pour défendre tes droits. Cependant, tu constateras en lisant ces pages que nous disposons de bien peu de recours, c’est pourquoi ce texte se veut aussi un cri d’alarme pour que cesse l’impunité dont ces agentEs bénéficient.

jeudi 4 avril 2013

mercredi 6 mars 2013

"Je me souviens"

Je me souviens


Je me souviens de la manifestation du 10 novembre.

Je me souviens de ce que la police a fait ce soir-là, à McGill.


Je me souviens du blocage à la tour de la Bourse.

Je me souviens des hommes en complet qui regardaient des ados se faire tabasser et poivrer, le sourire aux lèvres.


Je me souviens de Francis Grenier.

Je me souviens de l'homme qui lui a volé un oeil, un certain Marc St-Cyr.
Je me souviens qu'un an plus tôt, presque jour pour jour, des scènes identiques s'étaient déroulées au même endroit, sous son commandement.


Je me souviens du déluge de commentaires en faveur de la police.

Je me souviens des doutes quant à ce que les étudiant-e-s ont fait "qui est coupé au montage".
Je me souviens des mêmes arguments en faveur du NYPD, l'automne dernier.


Je me souviens de la manifestation contre la brutalité policière, le 15 mars.

Je me souviens pourquoi j'y étais.
Je me souviens de ma première grenade assourdissante.
Je me souviens de la deuxième, une seconde plus tard.
Je me souviens de ce qui s'est passé, bien avant la casse.
Je me souviens de ce que les médias en ont rapporté.
Je me souviens m'être promis de ne jamais leur pardonner.
Je me souviens de ce que la police a fait, ce soir-là.
Je me souviens m'être promis de ne jamais leur pardonner.


Je me souviens de la plus grande manifestation de l'histoire du Québec.

Je me souviens de la première page du Journal de Montréal, le lendemain.
Je me souviens qu'on pouvait y lire “Les étudiants perdent des appuis”.


Je me souviens de la plume toxique d'André Pratte.

Je me souviens de Richard Martineau et Eric Duhaime, travaillant d'arrache-pied pour maintenir leur propre peuple dans la petitesse.
Je me souviens de Stéphane Gendron, mais très peu puisqu'il est à V.


Je me souviens de la plus grande manifestation de l'histoire du Québec, un mois plus tard.



Je me souviens de la plus grande manifestation de l'histoire du Québec, un autre mois plus tard.

Je me souviens qu'à celle-ci, nous étions près de 400 000 selon des sources à Urgence Santé.
Je me souviens que nous étions environ 100 000, selon les médias de masse.
Je me souviens de la reporter de La Presse rapportant “des dizaines de milliers”.
Je me souviens de cette même reporter qui a fait son topo sur une vitrine cassée, avec 400 000 manifestant-e-s pacifiques comme arrière-plan.


Je me souviens du couple septuagénaire traumatisé après s'être fait lancer des grenades, le 25 avril.

Je me souviens de la fillette d'à peine 12-13 ans, à Victoriaville, entourée de Black Blocs qui lui rinçaient les yeux.
Je me souviens des Blacks Blocs qui portaient secours aux 7 à 77 ans qui eux, ce jour-là, ont bien compris le sens du terme "violence".


Je me souviens de tous les Black Blocs que j'ai croisé, ce printemps.

Je me souviens qu'aucun d'entre eux était mon ennemi.
Je me souviens que tous ceux et celles qui les démonisaient se sont rangés de l'autre côté.
Je me souviens de toutes ces personnes qui ont fait ce choix.


Je me souviens de Ian Lafrenière, prononçant les mots “casseurs professionnels concertés” sans vomir.

Je me souviens d'Alain Bourdages, présentant des grenades aux médias en utilisant les termes “pas dangereux”.


Je me souviens du printemps où le premier ministre du Québec vantait le travail de policier-e-s s'acharnant de façon psychotique sur des étudiant-e-s.

Je me souviens du printemps où il était commun d'entendre les gens dépeindre les étudiant-e-s comme des voyous, des vandales, des casseurs.
Je me souviens du printemps où ces personnes n'avaient aucune idée de ce qui se passait dans leurs propre rues.


Je me souviens du printemps où la jeunesse du Québec se faisait critiquer pour porter des lunettes de ski, face à des soldats armés de bâtons, de grenades, de gaz CS et fusils à balle de plastique.



Je me souviens du printemps où Ian Lafrenière décriait le port de ces lunettes comme un port d'arme.

Je me souviens du printemps où le port de ces lunettes fut criminalisé.


Je me souviens du printemps où Amir Khadir était dangereux alors que John James Charest représentait l'ordre, la paix, la sécurité, l'avenir du Québec.

Je me souviens du printemps où le terme communiste provoquait plus de réactions que le terme capitaliste.
Je me souviens du printemps où la merde sentait la fleur de lys, pour la "majorité silencieuse".


Je me souviens du printemps où le gouvernement du Québec fut dépeint à travers le monde comme un régime totalitaire.

Je me souviens du printemps où l'ONU et Amnistie Internationale se sont penchés sur son cas, pourtant déjà bien occupés avec Bashar Al-Assad.
Je me souviens du printemps où la ministre des affaires étrangères du Québec a répondue à l'ONU de se mêler de ses affaires.


Je me souviens du printemps où mon peuple se fit déclarer la guerre.

Je me souviens du printemps où j'ai choisi mon côté.


Nous n'oublierons pas.

Nous ne pardonnerons pas.
Il fallait s'y attendre.


-Eric Robertson.

mercredi 6 février 2013

De la discretion à l'arbitraire

Aujourd'hui le Service de Prévention et Sécurité de l'UQAM (SPS) a décidé de son propre chef d'appeler la police pour venir arrêter quelqu'un à l'intérieur de l'UQAM. Les flics sont allés chercher la personne dans le bar de l'UQAM, elle a demandé si elle était en état d'arrestation, ils ont répondu que oui et elle a dû les suivre jusqu'à leur voiture. Elle a été emmenée au poste où elle a attendu pour finalement se faire dire de partir. Elle serait "sous enquête".

Sous enquête? À cause de la caméra qui a été brisée lors de la manif de la semaine dernière? Parce que l'UQAM avait peur pour ses Portes ouvertes qui avaient lieu aujourd'hui même? Encore à cause de l'histoire des graffitis?

Dans les faits, la personne a été arrêtée et relâchée sans même qu'il y ait d'accusations portées contre elle. Ainsi, le SPS trouvait que l'urgence était telle qu'il fallait AB-SO-LU-MENT appeler la police à ce moment précis. Mais la police n'avait rien pour l'accuser et la retenir. Il lui a été dit qu'elle est "sous enquête", il est donc dans l'univers des possible qu'elle finisse par être accusée de quelque chose (ou non), mais pour l'instant la police ne voyait aucune urgence.

La police; tsé notre fière SPVM qui n'hésite pas à tuer, à casser, et à brutaliser en cas de doute, ne voyait pas l'urgence d'arrêter cette personne. Aussi, nous avons su que le rectorat n'avait aucune idée que la police allait être appelée à l'intérieur des murs de l'UQAM (une enquête interne serait en cours pour savoir comment cet ordre a pu être donné). Tout ceci étant dit, des questions se posent...

Est-ce que le SPS est en train de virer mégalomane? Est-ce que c'est un avant-goût de la Politique 25 qui est encore sur la glace mais pourrait être adoptée au Conseil d’administration? Comment est-ce qu'on a pu se retrouver dans ce glissement qui fait du SPS la force coercitive du politique dans l'université? Pas qu'on ne le savait pas déjà, mais démontré d'une manière aussi grossière, c'est ridicule et effrayant. Savoir que l’administration en a contre les militantEs de l’UQAM et veut se servir du SPS pour nous surveiller et nous faire peur est une chose, mais savoir que le SPS se donne assez d’autonomie pour appeler la police dans les murs de la propriété privée de leur employeur… C’est plus qu’une dérive… C’est un monstre qui est en train de se créer.

jeudi 24 janvier 2013

"Surveiller pour mieux régner: Panel sur les dérives sécuritaires à l'UQAM et dans le Quartier latin"

Mercredi 30 janvier 2013
18h
UQAM - Café des arts J-6170

Les événements récents entourant le cloisonnement du deuxième étage du Aquin et la multiplication des dispositifs sécuritaires dans l'université ne sont pas isolés et font partie d'une logique sécuritaire. Nous vous invitons dans le cadre de la campagne « « Libérons le Aquin » à une soirée panel-projection-discussion portant sur les dérives sécuritaires dans notre université et dans l'espace public. Le panel se tiendra mercredi le 30 janvier à 18h au café des arts (J-6170).

Programme de la soirée:
- « L'université du fric et des flics »: Premiers mouvements étudiants à l'UQAM et dispositif de répression
- La surveillance comme moyen de répression politique: le cas de l'UQAM depuis 2007 - Revitalisation ou dévitalisation du quartier latin?
- Semer la peur et y répondre: l'impact de l'idéologie sécuritaire sur les femmes
- Projection du film “Le mur” portant sur une dérive sécuritaire à l'université Nanterre en France

lundi 10 septembre 2012

Ben c'est ça...

Ou de 100 jours?

Ou jusqu'au Sommet machin éducation?
...

Je suis en train d'effacer la liste de liens de grève sur le côté du blog. Si on m'avait dit qu'il allait rester là presque 7 mois et que j'allais avoir un petit pincement en l'effaçant...
On me dit qu'on a gagné mais je ne ressens rien comme un sentiment de victoire.
Pourtant les gains sont indéniables. Avoir eu 2 ministres et un Premier ministre, être la cause d'une loi spéciale bravée avec brio, que le gouvernement nouvellement élu ait pris l'engagement d'annuler la hausse, et sans oublier (!!!) ces nouveaux liens, cette nouvelle expertise, cette nouvelle créativité et ce nouveau champ des possibles pour des milliers de personnes.

Ça donne le sourire quand même dit comme ça...

( Je dis ça comme ça, mais la petite bannière sur le côté du blog qui "supporte la gratuité scolaire à tous les niveaux" elle est là depuis 2008...si c'est pas 2007... Ouf! On lâche rien!)

mardi 7 août 2012

Dernière semaine pour vos témoignages sur la répression!

La Ligue des droits et libertés, le Comité légal de la CLASSE et l'Association des juristes progressistes se réunissent pour récolter, d’ici le 13 août 2012, les témoignages d'étudiants et d'étudiantes et de citoyens et de citoyennes qui, depuis le début de la grève étudiante, ont fait l'objet d'intimidation ou de brutalité policière, d'arrestation, de détention, d'accusation quelconque ou encore de représailles ou refus d’accès à des lieux publics ou des services (notamment pour avoir porté le carré rouge).

Les trois organismes entendent produire un rapport avec ces témoignages, permettant ainsi d'avoir un aperçu plus global de l'ampleur de la répression policière, judiciaire et politique.

IMPORTANT: Consultez l'AIDE-MÉMOIRE pour vous aider à rédiger votre témoignage, disponible en ligne:
www.facebook.com/events/443149859050977#!/events/443149859050977/

Envoyez-nous vos témoignages, qui seront analysés en toute confidentialité à : temoignage@liguedesdroits.ca.

jeudi 14 juin 2012

"Notre réponse écrite au Journal de Montréal" par Mise en demeure AJOUT: Vidéo de la conférence

C'est Daniel Renaud, journaliste au Journal de Montréal, qui, le premier, fit éclater au grand jour le scandale qu'on appelle maintenant le Khadirgate. Effectivement, c'est en publiant un article intitulé Charest mort aux pieds de Khadir (1) qu'il a dévoilé l'une des plus importante preuve de copinage entre les milieux politiques et culturels ainsi que solidaires et anarchistes.

Dans cet article, il est question d'un courriel qu'il nous aurait envoyé et qui serait resté lettre morte. Malheureusement pour nous, nous avons été informés de l'ampleur de la situation par les médias et notre réponse est arrivée après la fameuse heure de tombée, soit aux petites heures du matin. Depuis, la Bananarchiste et J-S le tueur se sont entretenus de vive voix avec Daniel et un nouvel article en fait état (2). Nous croyons cependant dans l'intéret du public de diffuser nos réponses aux questions qui nous ont été posées.

(1) http://www.journaldemontreal.com/2012/06/11/charest-mort-au-pied-de-khadir
(2) http://www.journaldemontreal.com/2012/06/12/ses-auteurs-se-dissocient-de-khadir

Mise en Demeure guidant le peuple ou l'origine du Khadirgate

Depuis quand cette affiche existe-t-elle?

« Mise en Demeure guidant le peuple » existe depuis octobre 2010.

Qui l'a créée, vous ou a-t-elle été faite à votre demande?

C'est une affiche autoproduite par le groupe. Nous sommes responsables du concept et de la production. Malheureusement, nous avons du faire affaire à un sous-traitant (dont nous tairons le nom, mais il n'est aucunement affilié à l'empire Québécor) pour l'impression.

Pour quelle raison la mettez-vous en vente sur votre site internet? Pour une cause?

Jusqu'à tout dernièrement, elle était tombée dans l'oubli. Nous sommes très heureux de voir le battage médiatique entourant notre oeuvre dans le cadre de l'arrestation très people de notre camarade Yalda... Si les ventes se relèvent, avec de la chance, on pourra bientôt quitter la misère pour connaître l'opulence. En effet, à ce jour, tous les profits découlant de la vente du poster nous sont revenus.

À l'époque de la création de l'image, nous touchions le fond du baril, on en grattait même le double fond pour voir s'il n'y restait pas un peu de poudre histoire d'y mettre le feu. Nous allions sortir notre album "Les belles années"* et on avait désespérément besoin de cash. Notre premier album "Brasse d'la marde comme d'autres brassent d'la bière" était discontinué et on avait besoin d'un revenu. On s'est dit qu'une affiche était la solution à nos maux.

Voici pour la cause pour laquelle on a créé Mise en Demeure guidant le peuple : faire la piastre pour financer un album.

Pour quelle raison la mettez-vous en vente sur votre site internet?

Eh bien, mon cher Dan, on l'a mise sur notre site Internet pour la faire connaître au monde. Quand on crée un produit culturel, il faut aussi s'assurer de sa diffusion dans la sphère publique. miseendemeure.org joue ce rôle pour nous.

En avez-vous vendues beaucoup?

Malheureusement, nous ne pouvons répondre à cette question. Notre conseil d'administration est très clair à ce niveau, nous ne pouvons divulguer l'état de nos ventes au premier journaliste venu. Tout ce que nous pouvons vous répondre, c'est que nous en avons vendues assez pour que l'une d'elles se retrouve sur la table de cuisine d'un député de l'Assemblée Nationale, celui-là même dont nous nous payions la tête, pour ensuite être citée en justice.

Qu'est-ce que cette image signifie pour vous?

Cette image signifie beaucoup pour nous. Elle nous a permis se produire notre second album et, pour ça, nous lui sommes éternellement reconnaissant. L'aspect économique ne peut être relégué au deuxième plan. Il en va de même dans notre société et vous devriez le savoir : votre canard nous rabâche cette ritournelle jour après jour.
Cependant, un truc qu'on aime bien, dans l'économie qu'on met de l'avant, c'est cette idée que le prix n'est pas fixe. Chacun paye selon ses capacités et chacun réclame ce qui fait son bonheur. On aimerait encore plus qu'il n'y ait plus de prix et qu'on ne réclame que du bonheur, mais y'a des gens plates qui contrôlent la société qui ne veulent pas de ça.

Que représente-t-elle?

Ouh là... C'est une grosse question que vous nous posez là!

Mise en Demeure guidant le peuple est tributaire d'une longue tradition d'oeuvres et d'artistes engagé.es et nous espérons qu'un observateur ou qu'une observatrice attentive saura les décoder. Attention, on va te parler d'art, de politique, de linguistique, d'économie et de sociologie. Y'a peut-être un peu de philosophie qui va suer de tout ça, mais on va la garder en laisse.

En premier lieu, on s'est inspiré de La Liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix dans laquelle Marianne représente à la fois la Liberté et la France au combat. Celle-ci nourrit la nation avec ses gros seins bien gorgés de lait et la mène vers un avenir meilleur. La Bananarchiste est notre claviériste et joue bien le rôle d'icône anarchiste. C'est un clin d'oeil.

En fait, on n'aime pas tant Delacroix qui était un petit-bourgeois. Bien que progressiste, il croyait que c'est en s'impliquant dans le système qu'on parvient à changer la société. Toute sa vie, il rechercha la reconnaissance du pouvoir et il l'obtint sur le tard alors qu'il fut nommé Académicien. Il tenta d'ouvrir les portes de cette institution à un plus grand nombre de peintres et d'ébranler la tradition qui en pourrissait les murs, mais il fut incapable de mener sa mission à bien... De cet échec est née une révolution du champ des arts. On est passé de l'académisme à la modernité. Aussi, certain.es expert.es du monde de l'art affirment que le jeune bourgeois en chapeau haut de forme est un autoportrait du peintre. Nous croyons que Delacroix fut un allié des pauvres et des opprimé.es, mais qu'il a emprunté une mauvaise voie pour faire l'Histoire. C'est aussi le cas de Monsieur Kadhir et c'est pourquoi nous avons remplacé le visage de Delacroix par celui de l'unique député de Québec Solidaire. On y fait un lien politique entre le réformisme d'antan et celui d'aujourd'hui.

Mais ce n'est pas tout. Vous le savez probablement, mais Mise en Demeure guidant le peuple, en tant qu'oeuvre photoshoppée est l'héritière des collages. Les collages sont apparus au début du XXe siècle dans un mouvement artistique qu'on a dérisoirement nommé « les cubistes ». Alors que la Première Guerre mondiale devenait imminente, Picasso intégra à ses tableaux de petits morceaux d'articles de journaux faisant état du conflit entre les États impérialistes qui allaient se livrer bataille. Par la suite, la pratique du collage a connu de beaux jours à Berlin alors que le mouvement dada s'y exprimait à l'aube des années 1920. Les collages donnaient alors un nouveau sens à des images glanées ici et là. Après le parti pris pacifique des oeuvres de Picasso, les oeuvres de Dada-Berlin étaient propagandistes pour la cause communiste.

Parallèlement aux collages, on doit mentionner que L.H.O.O.Q., oeuvre phare de l'artiste français Marcel Duchamp, a montré au monde entier qu'on pouvait reprendre une oeuvre et en détourner son message initial. Par la suite, ce qui s'appelle le détournement d'oeuvre est devenu une pratique populaire grâce à l'apport des membres de l'Internationale situationniste au courant des années '60. Et puis, comme Boris Vian l'avait si bien dit quelques années auparavant : « Tout a été dit cent fois/ Et beaucoup mieux que par moi/ Aussi quand j'écris ces vers/ C'est que ça m'amuse/ C'est que ça m'amuse/ C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez ». C'est ce que nous avons fait à notre façon.

Allez, concentrons-nous et revenons au sujet qui t'intéresse, Daniel.

Alors, nous avons l'oeuvre de Delacroix. On y remplace l'autoportrait par Kadhir. On y remplace la liberté par l'anarchie et Marianne par la Bananarchiste. Mais ce n'est pas tout. On doit dire que vous êtes un fin observateur : vous avez su distinguer tous les ajustements que nous avons apportés à l'oeuvre originale. Nous avons donc éclairé les éléments 1 et 2 de votre charmant article. Passons donc aux autres!

Charest est mort. C'est la vie qui continue. C'est une émeute, une insurrection, non, mieux une révolution et on trouvait ça à propos d'y mettre des crapules contemporaines**. Charest, c'en est une. C'est une des têtes d'affiche des crosseurs québécois alors on l'a choisi. On aurait pu mettre bien d'autres gens.

Donc, nous voulions faire un outil autopromotionnel pour notre groupe. Nous retrouvons déjà la Bananarchiste, mais nous sommes quatre. Eh oui, c'est aussi nous 4-5-6 avec nos costumes de scène! On s'est dit que c'était bien de mettre le flic se prosternant devant le peuple qui se révolte. On s'est dit que le dictateur un peu nazi sur les bords serait beau aux côtés de Charest. Y nous restait le gars cagoulé à mettre, pis on a réussi à l'intégrer à l'oeuvre originale en laissant l'épée que le personnage tenait. C'est assez cool.

Tu vas peut-être trouver que c'est un peu gros, un groupe de musique qui se prend pour l'avant-garde éclairée d'une révolution à venir et qui se met ainsi en image. C'est un peu ça le but. Dans notre société sédentaire où le peuple n'a pas le temps de s'amuser en dehors de ses obligations économiques (travail et consommation), tout est un peu gros. Nous sommes un peu gros. On aime ça faire dans le grossier. Ça nous permet de faire notre juste part en tant que pauvres et artistes en lutte contre le capital. On se trouve drôle aussi. Et beaucoup de gens qui nous aiment nous trouvent drôles et sympathiques. Cependant, ce n'est pas le cas de tout le monde et notre production artistique peut ainsi se trouver dans la preuve que l'État présente contre une dangereuse criminelle. C'est absurde, n'est-ce pas?

Tiens, as-tu déjà lu la pièce Rhinocéros d'Eugène Ionesco? Un chic type. Il y est question d'une étrange maladie venue de l'étranger. Cette maladie a comme symptômes que les personnes atteintes se transforment en rhinocéros. C'est gros de même. Derrière l'absurde de la chose, Ionesco a écrit cette pièce comme étant une allégorie du fascisme et du conformisme politique qui rampaient lors de la Deuxième Guerre mondiale. C'est drôle comme maladie, ça ne fait pas de sens, mais c'est aussi triste et tellement lourd comme sujet.

Nous croyons utiliser une approche similaire. Le fait que notre oeuvre soit une pièce à conviction sur laquelle se jette un certain journal sensationnaliste représente pour nous le comble de cette absurdité. On n'aime pas la police. On n'aime pas le gouvernement. Et la légende de l'oeuvre « si j'avais une machine à remonter le temps..."? Elle fait référence à une de nos chansons, où l'on dit, carré comme ça : « si j'avais une machine à remonter le temps, j'irais péter la yeule à Jésus ».

C'est un petit fantasme qu'on se permet, un exutoire. C'est ce qui nous permet de nous regarder le matin dans le miroir et de vivre jusqu'au lendemain. Ainsi, en plus d'être un clin d'oeil à La Liberté guidant le peuple, notre affiche fait référence à une chanson de notre répertoire qui laisse sous-entendre qu'on aurait bien aimé ça faire parti de cette révolution où on se serait débarrassé des crapules qui nous entourent. On pastiche un autoportrait pour en refaire un autoportrait.

Mise en Demeure


*Vous allez aussi probablement aimer le graphisme de cet album. On y retrouve la fameuse Bananarchiste et - on dirait que ça relève du fétichisme, mais c'est pire que ça - Jean Charest dans le rôle d'un cadavre. Allez voir sur notre dit site d'intérêt, y'a du croustillant là-dedans!

**As-tu été voir? Eh oui, à côté de Charest, on retrouve PKP. C'est-tu pas croustillant à souhait ça?! D'ailleurs, on pensait seulement boycotter votre torchon en vous ignorant, comme on le fait si bien habituellement, mais ça nous amusait de te répondre. En plus, on ne sait pas trop si tes patrons auraient compris la différence entre notre boycott et une grève pis on voulait pas être l'origine d'un nouveau lock-out. C'est pas facile la vie parfois...

Mise en demeure donnera une conférence de presse aujourd'hui à 16h. Probablement à cause de ça et ça


mardi 12 juin 2012

"Nos comptes Facebook sont, je vous le confirme, observés par la Sureté du Québec"

En allant assister à la période de questions à l’Assemblée nationale ce matin, comme il m’est arrivé de le faire plusieurs fois depuis le vote de la loi 78, le garçon à l’accueil m’a fait patienter sous des prétextes de problèmes de système informatique.

 Après avoir attendu une douzaine de minutes, le chef de la sécurité du Parlement est venu me voir en m’interpellant à peu près de cette façon :

« Monsieur Lapointe, mon nom est ********* de la sûreté du Québec. Nous voulons vous aviser que nous savons que vous avez, via Facebook, incité les gens à venir à l’Assemblée nationale pour assister à la période de questions. Y’a t’il d’autres personnes qui vous accompagnent aujourd’hui ? Vous savez que nous voyons à peu près tout ce qui se trouvent sur Facebook ? »

Moi : « Non je ne savais pas et non, personne ne m'accompagne. Je viens toujours ici seul et j’exerce simplement un de mes droits qui est celui d’assister aux travaux parlementaires et j’ai oui, je ne m'en cacherai pas, utilisé Facebook pour informer les gens de ce droit qu’ils ont et qui est le leur. »

Lui : « Sachez que nous vous contrôlerons de la sorte à chacune de vous visite et que si vous enfreignez le code comportemental de l’Assemblée nous vous en interdirons l’accès pour toujours. »

Chose dont je suis déjà bien informée comme vous pouvez vous imaginer.

Et juste comme ça, tout dernièrement une femme a passée sa journée en prison pour avoir lue à haute voix 1984 de George Orwell dans le métro à Montréal...

Bref, pour vous dire que oui, nos comptes Facebook sont, je vous le confirme, observés par la Sureté du Québec et qu’ils restent seulement trois périodes de questions d’ici la fin des travaux parlementaires. En effet, ceux-ci se terminent vendredi.

Et oui, les élus s’en vont pour l’été et laisseront la situation politique telle qu'elle est semble t'il.

Je vous rappelle qu’il y a 66 places pour permettre aux citoyens d'assister aux travaux parlementaires.

Voici le numéro pour réserver votre places : (418) 643-7239
.
La période de questions est à 9h45 demain, jeudi et vendredi.

À 15h30 aujourd’hui il restait 4 places pour mercredi, 27 places pour jeudi et 48 places pour vendredi.

Et étrangement tout cela me rappelle d’ailleurs que dernièrement mon téléphone cellulaire (qui est flambant neuf) fait vraiment de drôles de bruits d’interférences et d’interruption de service…

Christian Lapointe
Citoyen du Québec

lundi 11 juin 2012

La magie de la F1: témoignages


1- Je suis encore sous le choc de ce qui vient de m'arriver. Ce dimanche 10 juin 2012, vers 12h25, j'étais à l'intérieur de la station Berri-Uqam. Deux agents de police du SPVM m'interpellent. Précision importante : je porte le carré rouge comme je le fais presque tous les jours depuis plusieurs mois maintenant. On me demande ce que je transporte dans mes sacs. Je réponds le plus honnêtement du monde: des livres, quelques papiers, mon portefeuille, etc. J'ai aussi mon iPad dans les mains. Les deux policiers insistent pour fouiller mes sacs. Je leur demande poliment s'ils ont un mandat à cet effet. C'est alors que l'un d'eux m'attrape rapidement par le bras et m'enserre violemment le poignet pendant que l'autre s'éloigne avec mon sac et mon iPad. Celui qui me tient me dit qu'ils n'ont pas besoin de mandat, qu'ils ont le droit de fouiller qui ils veulent, en vertu d'un règlement de la STM, soit le règlement AC-3, qui est en vigueur sur tout le réseau. L'autre policier, un peu à l'écart, fouille mes sacs, ensuite il se met à regarder mes photos personnelles et mes vidéos sur mon iPad. Je proteste et lui dit que c'est une intrusion illégitime dans ma vie privée. Visiblement, il s'en moque. Pire encore, ce même policier a volontairement effacé une de mes séquences vidéo, sans mon consentement évidemment. Je lui ai dit qu'il n'avait pas le droit de faire ça, d'autant plus que je l'avais avisé au préalable (au moment il a saisi mon iPad) de ne pas en modifier le contenu. J'ai insisté à plusieurs reprises pour connaître leurs noms et matricules. Leur noms étaient en effet cachés sous leurs dossards, donc invisibles, mais vers la fin, ils m'ont finalement donné leur noms et matricules: agent Chapdelaine matricule 2108 et agent Lopez matricule 6200. Tout au long de l'intervention, ils ont agi avec rudesse, sans aucune diplomatie ni courtoisie, ils me tutoyaient (alors que je les vouvoyais), l'un d'eux a usé de force physique non nécessaire à mon égard. Entre-temps, je suis allé voir ce qu'était le règlement AC-3 et je constate que ça n'existe tout simplement pas! Je suis dégoûté de cet État Policier. C'est de l'intimidation. Cherche-t-on à faire en sore que les gens qui portent le carré rouge se sentent comme des criminels? C'est dégueulasse.

2- Aujourd'hui, on était 6 ami.e.s, sans carré rouge, sur l'Île Ste-Hélène à profiter du soleil. On a fini 10-12, assis à la même place sur des marches près d'une fontaine. En 10 secondes, on est encerclé et mis.e.s en détention préventive par crainte qu'on allait violer la paix public (!), selon l'article C-31 du code criminel. On a rempli un bus de la STM. La très grande majorité n'avait pas de sac et encore moins d'objets présumant un crime. Bref, nous avons été détenu.e.s pendant 4h, les mains menottées. Profilage politique ou nettoyage de l'espace public. Nous n'avons eu aucune accusation ni même de contravention. Enfin, on ne nous a jamais lu nos droits, on nous a même refuserà plusieurs reprises de nous les lire.

On me passe alors les menottes en metal et me les mettent assez serrées pour que j’aille encore des marques sur un poignet 11 heures apres me les avoir fait enlevées. C’etait completement gratuit et pas nécessaire de me mettre des menottes aux poignets alors que je suis une personne avec une attitude calme dans une zone ou il y devait y avoir 1 policier au dix metres carrés et en etant pas en etat d’arrestation. Evidemment, je n’aurais jamais du etre interpellé de la sorte tout simplement pour avoir refusé d’effacer des images vidéos de ma caméra, seule raison de ma detention preventive puisqu’on me laissait partir sinon.
En chemin vers le site pres de la biosphere, je dis au policier Durocher que les menottes me font mal, il se mets a me donner des petites tapes sur les mains pour que ca fasse encore plus mal. (...)

4- En ce dimanche 10 juin 2012, j’ai tenté de participer à une manif-action consistant à me déplacer pendant quelques heures du métro Berri au métro Jean-Drapeau en vue de manifester pacifiquement mon désaccord face au Grand Prix de Formule 1, évènement qui prône ce que je considère comme étant des idéologies sexistes. En ce dimanche 10 juin 2012, j’ai tenté de participer à une manif-action consistant à me déplacer pendant quelques heures du métro Berri au métro Jean-Drapeau en vue de manifester pacifiquement mon désaccord face au Grand Prix de Formule 1, évènement qui prône ce que je considère comme étant des idéologies sexistes.
Vêtue d’une robe fleurie et d’un sac rempli d’objets dangereux tels qu’une pomme, une bouteille d’eau et trois livres, j’ai voulu pointer du doigt la haute présence policière et l’attitude frôlant le terrorisme du SPVM depuis le début du conflit gouvernemental en lisant calmement 1984 de George Orwell, un roman d’anticipation présentant une société prise avec un régime policier totalitaire.
Après m’être faite fouiller par un policier à mon arrivée au métro Berri-UQAM, j’ai pris place dans un wagon en direction de la station Jean-Drapeau, mon livre à la main. Lors de mon retour vers le centre-ville, j’ai lu face à un policier et une femme a lu avec moi, par-dessus mon épaule. Nous avons été prises en photographie et le policier, voyant que nous étions deux dangereux personnages, a appelé son équipe en renfort pour nous accueillir en bonne et due forme à Berri. Avec les autres passagers du wagon, nous avons été placés face contre mur et nous avons ensuite été amenés à l’extérieur, par les sorties de secours, où on nous a dit de ne pas revenir sous peine d’être arrêtés. Aucune réponse lorsque j’ai demandé ce qu’il y avait de mal à lire dans le métro.
J’ai commis un acte irréparable de désobéissance civile en redescendant dans la station et en retournant lire dans un wagon. Lorsque les policiers m’ont vu manger ma pomme, ils m’ont crié qu’ils reconnaissaient mes tatouages et m’ont interceptée. J’ai demandé ce que j’avais fait de mal, autre que de lire pacifiquement, et j’ai eu pour réponse que j’avais désobéi à leurs ordres. J’ai reposé ma question, à savoir ce qu’il y a de mal à être dans le métro à lire, et je n’ai pas eu de réponse. On m’a mise en état d’arrestation et les deux policiers se sont fait un chaleureux high five pour se féliciter de leur bon travail. On m’a amenée, telle une criminelle, au centre de détention du SPVM au centre-ville de Montréal, où on m’a prise en photographie sous toutes mes coutures. Après avoir enregistré tous mes effets personnels, les policiers m’ont conduite à la cellule 52 où étaient présentes trois autres femmes. J’ai passé la journée derrière les barreaux, autour d’une toilette sale, couchée sur un banc, sans savoir quand j’allais être relâchée, pour avoir lu dans un wagon de métro et pour avoir récidivé à cet acte révolutionnaire. Vers 15h30, j’ai été libérée avec un constat d’infraction me disant que tout ce cirque avait eu lieu pour un refus de circuler.

5- J'ai vécu mon premier profilage politique aujourd'hui. Je devais me rendre au grand prix pour ramasser bénévolement pour les scouts des déchets toute la journée avec un consortium écologique engagé par le grand prix. J'arrive là-bas en vélo.Un policier m'accoste, me dit d'emblée que je n'ai rien à faire ici. Je lui explique pourquoi je suis là et il me rétorque que c'est l'excuse la plus originale qu'il a entendu pour pouvoir rentrer sur le site et foutre la marde (à ce moment je n'essais même pas de rentrer sur le site, j'attends plutôt les autres à notre point de r-v à côté du métro jean-drapeau). Ils fouille mon sac, prend ma carte d'identité et appelle son supérieur pour voir si je fais parti d'une quelconque liste, lisent tous mes papiers personnels. Ils ne trouvent qu'un lunch et de la crème solaire. Visiblement déçu de ne pas pouvoir m'arrêter d'emblée, ils me disent que j'ai 5 secondes pour partir sinon je me fais embarquer et emmener en prison (!) J'en reste complètement bouche bée. Évidemment, durant ce temps, les 50 policiers autours de moi n'ont même pas pris la peine de fouiller les jeunes filles pitounes avec leur sacs à main Gucci. Tu est un douchebag? Sois le bienvenue! Tu as l'air d'un étudiant? Décalisss sinon on te met en prison!! ET APRES ON DIT QU'IL N'Y A PAS EU DE PROFILAGE AU GRAND PRIX????? Finalement, au moment de me faire embarqué un responsable du grand prix est passé et a dit aux policiers qu'effectivement, le consortium écologique existait vraiment et que je pouvais entrer sans problème. J'ai donc pu passer toute la journée à ramasser la merde des gens qui étaient les "bienvenus".
J'ai toujours pensé que le slogan: "la police au service des riches et des fachistes" était grandement exagéré mais depuis aujourd'hui il exprime exactement ce que je ressens.

6- Hier, je me suis rendu sur l'île déguisé en Fan de F1. Je me suis promener sur l'île sans être interpellé par les policiers.
Comme je ne s'avais pas à quoi m'attendre, dans mon sac à dos, j'avais mon matériel de manifestant (lunette de ski, foulard rouge et une bouteille d'eau). J'avais également rangé mon carré rouge. J'aurais aimé distribuer des tracts aux touristes, mais je me serais fait arrêté en moins de 10 sec.
Les arrestations dont j'ai été témoin étaient clairement du profilage politique.
Je ne pensais jamais devoir, au Québec, me déguiser pour circuler librement dans un lieu public.

Les journalistes nous parlent:

- J’avais en ma possession ma caméra et un sac. Tout en mettant leurs mains dans mes poches, les deux agents m’ordonnent de leur donner mon outil de travail et mon sac pour procéder à une fouille. Je leur fait savoir verbalement mon refus à toute fouille. Un des deux policiers s’empare des deux objets, alors que l’autre me tord le bras derrière le dos. Lorsqu’on arrive au périmètre de sécurité érigé sur le site, les policiers me menottent. Je demande à avoir leur numéro de matricule. Il faudra que je patiente jusqu’à l’arrivé de leur supérieur, l’inspecteur Alain Simoneau, et près d’une heure d’attente pour l’avoir, 5376 et 5308.
L’inspecteur Alain Simoneau, travaillant dans le dossier des manifestations du mouvement étudiant depuis ses débuts, vient rencontrer les détenus. Lorsque je lui fais part de ma présence, il m’assure que je serais relâché suite à une rencontre avec l’enquêteur. Ses dires s’avèrent véridiques. L’inspecteur Simoneau me permet de rester sur le site à condition que je reste aux côtés d’un des membres de l’équipe des relations médias du SPVM. Finalement je reste seul, l’équipe de relationnistes étant trop occupée. Avant de partir, l’inspecteur Simoneau m’annonce que je recevrais une contravention par courrier postal «mais, peut-être qu’on n’enverra rien». On ne m’a pourtant jamais informé avoir été accusé d’aucun type d’infraction.

- Les journalistes coopèrent, mais retournent une question pour chacune qu’on leur pose. Pourquoi nous fouiller? «Parce que vous arborez un signe révolutionnaire», répondra un agent, visiblement excédé, «pis parce que je suis tanné du monde comme vous.». Il porte une gaze à l’avant-bras, qui semble protéger une blessure. Pourquoi nous? N’est-ce pas du profilage? «On fait juste ça, du profilage criminel», poursuit le même agent. Le parc Jean-Drapeau ne serait plus un lieu public ? «Aujourd’hui, c’est un lieu privé ouvert au public,» enchaîne un autre, sortant des sacs une mangue, un programme de saison de danse, des carnets de notes, des stylos. Rien d’illégal, rien qui ne laisse présager aucune intention criminelle. Pourquoi ne pourrions-nous pas en être? «Les organisateurs ne veulent pas de vous ici.» Le SPVM, aujourd’hui, répond donc aux besoins et désirs des organisateurs du Grand Prix ? «Tout à fait,» dira le matricule 5323, le répétant fièrement une deuxième fois lorsqu’on lui redemandera.

À PROPOS DE L'APPLICATION DE L'ARTICLE 31:


La jurisprudence indique que les «arrestations doivent être faites lorsqu'il y a un acte criminel constaté». Les «arrestations préventives» seraient donc tout simplement illégales.

« Il y a un risque d'arbitraire très, très élevé. » — Denis Barrette, avocat représentant la Ligue des droits et libertés
Me Barrette rappelle les événements du G20, à Toronto, en 2010, lorsque les policiers ont aussi eu recours des arrestations préventives. « Dans la plupart des cas, ça a résulté en des délibérations sans accusations et à des conditions de détention inacceptables », dit l'avocat.

vendredi 8 juin 2012

Bien s'amuser au GP



On me faisait remarquer que pour entrer sur les rues Crescent et/ou Peel la police ne refoule personne à cause de son apparence, mais plutôt à cause du nombre. Plusieurs personnes ont réussi à entrer sur le site de la manière la plus simple: en se pointant seulEs, en couple, ou à 3. La police n'a empêché personne d'entrer. Et rendu sur le site rien n'empêche de se retrouver...

Et mon beau SPVM: pourquoi tant de peine pour 2 rues commerciales avec des stands commerciaux? Il y a des gens qui se sont fait frapper et poivrer pour défendre le maintien d'un stand de Mr Lube(oui, oui, il existe vraiment sur le site)? Vous dites que c'est pour assurer la sécurité des personnes et pendant ce temps il n'y a aucun policier aux Francos. Par contre, il y avait des miliers de personnes...beaucoup plus que les quelques centaines des deux rues commerciales...

De la même manière, empêcher la libre circulation des gens hier sur Notre-Dame (avant même que ça devienne une manif!) pendant une heure pour être sûrs de faire que les limousines ne soient pas en retard à leur précieux cocktail, c'est encore une preuve que vous n'êtes pas là pour les gens, vous êtes là pour les choses. Les gens vous leurs tappez dessus ou vous les détenez illégalement.



mercredi 6 juin 2012

Le propriétaire de l'Absynthe nous parle...

Je m’appelle Mark Blanchard et suis propriétaire du bar l’Absynthe (St-Denis, coin Ontario). J’ai décidé de rédiger cette présente suite aux événements qui ont eu lieu samedi, le 19 mai 2012.

Les événements
Pour ceux et celles d’entre vous qui ont suivit les actualités, vous vous souviendrez très certainement de l’opération policière particulièrement violente qui incommoda (pour ne pas dire plus) les clients de la brasserie le St-Bock. Et bien sachez que, sur ma propre terrasse (l’Absynthe est située juste en face du St-Bock, du côté est de St-Denis), mes clients, mes employés ainsi que moi-même, furent tous victimes de la même brutalité policière que celle dont furent victimes les habitués du St-Bock. En d’autres termes : l’escouade anti-émeute, qui bloquait littéralement l’accès à la rue ainsi qu’à ceux et celles qui auraient bien voulus se réfugier dans mon établissement, le temps de quelques minutes de répit, décida, sans aucun avertissement, de gazer une centaine de personnes qui ne faisait, au final, que scander leur mécontentement. Ah oui, j’oubliais, l’une d’entre elle à projetée un dangereux verre de plastique sur l’imposant bouclier d’un des policiers! Personnellement, je fus également victime d’un puissant coup de matraque (dans les côtes), triste conséquence de mon désir d’avoir voulu dialoguer avec l’un des gendarmes afin d’inviter deux jeunes femmes à venir à l’intérieur de mon bar (deux jeunes femmes apeurées qui étaient, fort probablement, à la mauvaise place, au mauvais moment). Bref, inutile de spécifier que les secondes qui ont suivit ne furent que chaos, peur et douleur. Ma terrasse, en l’espace d’un court instant, s’est radicalement transformée en un amas de verres cassés, de tables brisées, de chaises renversées. Quant aux clients, ils se sont précipités en catastrophe à l’intérieur du bar, où trois de mes employées tentèrent, au mieux de leur capacité, de les soulager en leur fournissant une quantité effarante de pichets d’eau (pour être plus précis : TOUS mes pichets furent utilisés et ce, à répétitions!).

Petite parenthèse : suite à ces fâcheux évènements, je tiens mordicus à remercier personnellement, ainsi qu’aux noms des employé(e)s de l’Absynthe, tous les clients et membres de l’organisation du Pouzzafest pour nous avoir aidés à faire en sorte que la terrasse ressemble à nouveau à une terrasse et que le bar, ressemble à nouveau à un bar! Du fond du cœur : merci.

Les médias
Ensuite, quelques journées après ces incidents, les médias (inutile de divulguer des noms) désirent me rencontrer et passent me voir au bar, afin de connaître ma version des faits. Plus l’entrevue évolue et plus j’ai la drôle d’impression que le reporter n’écoute pas les réponses que je lui donne, suite aux questions qu’il me pose. Plus l’entrevue évolue et plus j’ai l’impression que notre petite discussion ne tourne finalement que sur mon statut de propriétaire ainsi que sur mes pertes économiques. Finalement, l’entrevue s’achève et je tiens à mentionner mon incompréhension. Mon incompréhension face à ce cirque médiatique qui filtre l’information à sa guise pour ne présenter que l’histoire désolante d’un propriétaire et de ses pertes économiques. Mais qu’en est-il de tous les autres, dis-je au reporter? Qu’en est-il de toutes ces victimes de manœuvres répressives, qui marchent dans la rue depuis maintenant plus de 100 jours, manifestant, pour la très grande majorité, d’une manière pacifique, et aspirant à une société plus juste, plus égalitaire, mais qui n’ont pas la « chance » d’être propriétaire, victime de pertes économiques? Qu’en est-il de ces jeunes vingtenaires qui se font poivrer, gazer, bousculer, matraquer, stigmatiser et qui, au final, n’ont pas la « chance » d’avoir une vitrine médiatique pareille à celle d’un propriétaire, victime de pertes économiques? Le reporter m’écoute, prend des notes et quitte mon établissement. Le lendemain… surprise! : cette partie de l’entrevue ne fut aucunement mentionnée dans l’article qui ne traita, finalement, que de mon statut de propriétaire ainsi que de mes pertes économiques. Aujourd’hui je suis triste de constater que dans la transmission de l’information, il y a malheureusement deux poids, deux mesures, dépendamment d’un statut social X. Aujourd’hui je suis triste de constater que, malgré mes 5 années à titre de propriétaire d’un bar spectacle (5 années passées sans l’apport de portiers ni même d’hommes de bras… je tiens à le mentionner!), l’épisode le plus violent de mon parcours fut celui causé par la police. Quelques jours passèrent, l’article fut diffusé et deux gendarmes sont venus à mon établissement pour s’excuser. Que m’ont-ils dit exactement? Que j’aurais dû m’identifier comme étant le propriétaire de l’établissement. Encore une fois, l’argument du statut social qui refait surface, systématiquement. Mais en quoi la déclaration de mon statut aurait-elle pue changer le cours des choses? En quoi le fait d’être propriétaire de l’Absynthe me place dans une situation différente de celles des autres? Ma réponse fut la suivante : « Les policiers auraient fait quoi alors? Ils auraient tapés sur un de mes clients à la place? Où sur un de mes employés? ». La discussion s’étira encore quelques minutes sans que nos divergences d’opinions ne finissent pas s’accorder et les deux gendarmes quittèrent les lieux, ne semblant aucunement impressionnés par mes arguments.

Deuxième parenthèse : à noter que cette présente n’est absolument pas un pamphlet virulent à l’égard des forces policières qui, dans les circonstances, font leur travail (du moins, pour certains). Il s’agit plutôt d’un constat. D’un constat tiré de mon expérience personnelle, soit celle décrite dans les paragraphes ci-hauts. La réflexion Après deux semaines de longue réflexion, j’ai décidé, non sans avoir eu plusieurs discussions avec mon entoure proche (personnel et professionnel), de rédiger cette présente. Plusieurs m’ont fortement déconseillés de le faire, craignant que je ne m’attire le mauvais œil du milieu policier. Il est vrai que je possède une salle de spectacle dans un quartier commercial, mais également résidentiel, où plusieurs groupes rocks viennent y jouer et ce, même dans les journées de semaines. Il est donc vrai que je pourrais avoir plusieurs plaintes pour cause de bruit dérangeant… et par la même occasion, recevoir plusieurs contraventions, suite à une relation houleuse avec la police. Nous sommes bien entendu dans l’hypothétique, mais il est aussi vrai que ces nombreuses inquiétudes qui m’ont étés transmises reflètent avant toute chose un sentiment de peur exacerbé, étroitement lié à la divulgation de la vérité. Donc… après deux semaines de longue réflexion, j’ai décidé de rédiger cette présente, non pas pour m’attirer les foudres des médias ou des forces de l’ordre, mais bien pour contester le modèle sociopolitique dans lequel nous vivons présentement, à savoir un modèle pyramidal, où l’individualisme à outrance ombrage depuis déjà beaucoup trop longtemps les valeurs d’égalité, de justice et d’empathie (celle-là même que nous devrions tous avoir à l’égard des plus démunis mais également à celle de nos policiers et surtout à celle de nos étudiants). Cette présente est donc une critique dirigée à l’endroit du gouvernement Charest qui, non seulement s’avère être le grand responsable de cette crise sociale, mais qui semble ne faire aucun effort pour tenter de la régler.

Pour terminer, je suis peut-être propriétaire d’un commerce et donc, le « boss » de plusieurs employés, mais sans ces employés, je ne suis le « boss » de personne. Je suis, avant toute chose, un citoyen qui se veut averti et responsable, au même titre que l’étudiante de 20 ans qui entame son baccalauréat en anthropologie et qui manifeste dans les rues de la métropole pour contester la marchandisation du savoir et pour tenter (ne serais-ce que pour rêver) d’améliorer notre modèle social actuel, ce « nous » qui se fragilise un peu plus à tous les jours qui passent, matraqué sans relâche à grands coups de « je ». Je tenais ainsi à faire ma « juste part », en témoignant de la manière la plus honnête qui soit, des incidents qui ont eu lieu dans mon établissement, samedi le 19 mai, 2012; un témoignage qui se voudra, je l’espère, empli de nuance, de modestie et de sincérité.

Mon humble objectif serait de voir circuler cette lettre, via tous les lieux de liberté d’expression (médias sociaux, presses écrites, blogues, etc.).

Merci de m’avoir lu et merci de faire suivre.

vendredi 1 juin 2012

Gens de Québec, on lâche pas!!!

Bravo à la gang de Québec qui est plus nombreuse chaque jour et qui ne se laisse pas intimider par la police!

Mercredi 30 mai; intimidation et violence gratuite du SPVQ

Jeudi 31 mai; plus de gens et plus de détermination! :)

Le SPVQ semble n'avoir rien à envier au SPVM. Ils tappent sur des gens qui n'ont rien fait, essaient d'arrêter des gens qui n'ont rien fait et intimident des gens souriants qui sont en train d'exercer leur droit de manifester. Par contre, quand je vois le SPVQ habillé en anti-émeute je ne peut pas m'empêcher de rire... Une émeute à Québec... You wish SPVQ! Et rappellez moi ce que vous vous faites lancer soir après soir? Rien? Eh ben...


Plusieurs arrestations ont été effectuées près de la côte Sainte-Geneviève et au moins deux personnes ont été blessées. L'auteur de ses lignes a même été frappé au bras et projeté violemment au sol à deux reprises. Rien ne laissait présager l'apparition des casques et des matraques. (...)

L'intervention a été courte et musclée. Les policiers ont cassé des bouteilles pour faire peur à la foule. (...)


Quand c'est la police qui casse des bouteilles pour faire peur aux gens ça donne un indice sur leur impatience à ce qu'il y ait de l'action. Quitte à la provoquer eux-même. J'ai l'impression qu'il y a une gang de brutes au SPVQ qui sont un peu jaloux de leurs collègues de Montréal qui ont l'air de s'amuser beaucoup plus qu'eux.

jeudi 24 mai 2012

Arrêtez-moi quelqu'un



Nous, étudiants et étudiantes, travailleurs et travailleuses, citoyens et citoyennes,

Avons pris connaissance de la loi 78, adoptée par l'Assemblée nationale du Québec le 18 mai 2012. Adoptée au 95e jour d'une lutte étudiante déjà historique, la loi spéciale a manifestement comme objectif d'étouffer cette mobilisation.

Depuis son adoption, le vocabulaire de l'indignation a été épuisé à son égard. Juristes, artistes, éditorialistes, intellectuel-e-s et personnalités de tous les milieux ont unanimement dénoncé cette attaque frontale aux droits fondamentaux et inaliénables que sont la liberté d'expression, d'association et de manifestation. Malgré l'unanimité et la force des condamnations, le gouvernement du Québec garde le cap et refuse d'abroger sa loi injuste. Devant cet entêtement à fouler au pied les principes fondamentaux de toute démocratie, il importe maintenant de passer à l'action: cette loi doit être bloquée. Dans une situation d'injustice, l'inaction est synonyme de complicité. Se soumettre à cette loi, c'est l'accepter. Accepter cette loi, c'est sanctionner son contenu. Nous assistons actuellement à un face à face historique entre le gouvernement et la jeunesse. Le pouvoir nous regarde, attentif. Cette loi est un test. Si nous nous y soumettons, nous reconnaissons l'efficacité de sa répression: le gouvernement gagne. S'il gagne une fois, il refera le coup. Nous ne pouvons pas ouvrir la porte à cette possibilité.

Ce bras de fer est la face visible d'un conflit plus profond. Si la jeunesse ne remplit pas son rôle historique de rempart contre l'autoritarisme, qui le fera? « Si la jeunesse se refroidit, le monde entier claquera des dents », écrivait Georges Bernanos.

Cette loi vient briser la confiance, déjà fortement ébranlée, entre le peuple et les institutions. La corruption et l'influence disproportionnée des lobbies et des intérêts économiques sur les gouvernements ont, depuis longtemps, érodé cette confiance et donné naissance à un cynisme politique sans précédent. Actuellement, ce que l'on appelle l'assemblée du peuple est déjà rongé par les intérêts partisans, l'appât du gain et la corruption. Cette loi enfonce encore un clou dans le cercueil de la démocratie québécoise.

Beaucoup de gens nous regardent. En tant qu'êtres humains, nous portons l'héritage des luttes passées. De Murdochville à Asbestos en passant par la grève étudiante de 2005, l'histoire du Québec est traversée de luttes difficiles, de grèves longues et, parfois, illégales. Ceux et celles qui ont mené ces luttes nous ont transmis un flambeau qu'il nous est interdit d'échapper à un moment aussi crucial. Les droits fondamentaux dont nous jouissons aujourd'hui ne sont pas des cadeaux, ce sont des legs. Il nous faut, ici, les défendre - par respect pour ceux et celles qui les ont obtenus pour nous. Si l'on veut nous les retirer par la loi, nous nous battrons. Au-delà de la loi, s'il le faut. Si celle-ci est injuste et que nous sommes sérieux et sérieuses dans notre prétention à défendre la justice, il nous faut y désobéir. Cela porte un nom: la désobéissance civile.

Avec cette loi, le gouvernement s'attaque à beaucoup plus qu'aux associations étudiantes: il s'attaque à la possibilité même que devrait avoir chaque femme et chaque homme de contester librement les décisions prises en son nom par le pouvoir politique. Le gouvernement utilise la peur pour réprimer la contestation: il s'agit de méthodes dignes d'un régime autoritaire. Cette loi liberticide veut nous faire renoncer à plus qu'à nos droits; elle veut nous faire renoncer à ce que nous sommes. Nous affirmons aujourd'hui que nous refusons de céder à la peur et à l'intimidation. Nous resterons fidèles à nos principes de liberté individuelle et collective.

Nous n'avons pas d'autre choix. Seul-e-s face à la loi, nous sommes faibles. Ensemble, nous avons le pouvoir de la bloquer. En signant cette déclaration, nous nous engageons à continuer à lutter; à rester mobilisé-e-s, en vertu des libertés fondamentales qui nous sont conférées par les différentes chartes et traités nationaux et internationaux. Si cela nous vaut des poursuites pénales en vertu de la loi 78, nous nous engageons à y faire face.


Pour les arrêtéEs

À titre d'information, à faire circuler largement.

Pour les personnes arrêtées qui ont reçu une contravention à Montréal, et qui veulent que nous les défendions, voici ce qu'il faut faire :

1. Contester en signant votre constat, indiquer la date et cocher non coupable. N'écrivez rien d'autre, pas d'explications, ni de motifs (cela n'aidera que la poursuite à mieux se préparer);
2. Faites-le parvenir à la Cour municipale
3. Mais avant, numériser votre constat et faites-le nous parvenir, à poitrasdenis@gmail.com avec un numéro de téléphone pour vous joindre ainsi que votre version des faits. Si vous n'avez pas accès à un scan, vous pouvez le télécopier à 514-289-1729
4. Ne pas publier votre version des faits ailleurs!

Vous aurez des nouvelles de la Cour municipale de Montréal dans 6 mois peut-être plus. Nous allons construire une liste de discussion fermée pour toutes les personnes accusées afin d'organiser un procès conjoint, d'examiner les différentes défenses possibles, le financement de la cause, etc. SVP : ne pas nous appeler immédiatement.

Merci et bonne journée.


J'ajouterais que les gens des autres villes (Québec, Sherbrooke) doivent aussi contester; cocher non-coupable et ne pas payer l'amende! Aucun arrêtéEs ne doit se plier à l'arbitraire et à la peur. Solidarité!