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samedi 12 octobre 2013

Jeudi 17 octobre: Réflexion et solidarité avec Youri, Guillaume, et les incarcéréEs


Jeudi 17 octobre 2013
Café Aquin - UQAM A-2445
18:15

Dans la foulée de ce qui se passe avec Youri et Guillaume, un 5à7 échange et discussion autour de la prison, de la façon dont on peut avoir une solidarité active et constante avec les détenu-e-s est organisé au Café Aquin. Un atelier sur les prisons, leur fonctionnement, leur reproduction d'un système raciste, homophobe et patriarcal sera proposé, suivi d'une discussion et si vous le souhaitez, une séance d'écriture de lettres pour Youri et Guillaume. Il est clair que nous assistons à une normalisation de la sentence d'emprisonnement envers les militant-e-s, ce qui nous amène à devoir réfléchir à de nouveaux paradigmes de luttes. Rassemblons-nous, réfléchissons-y et luttons.

Ya Basta!

dimanche 17 mars 2013

Perles universitaires II

Il y en a beaucoup, et quelques-unes commencent déjà à dater, mais je les accumule toujours avec beaucoup de plaisir. Elles sont intégrales, donc les fautes ne sont pas de moi. Enjoy!


 - Il est tout de même important de mettre en relief le fait que si les québécois font preuve d'un grand socialisme en accueillant des étrangers.

- Les accomodements raisonnables touchent des valeurs que les Québécois défendent dep0uis les années 1800.

- C'est donc dans les années 90 qu'apparait, sur son cheval blanc, les PPP.

- Le Canada est un pays où la notion de droit est beaucoup trop évaluée dans le sens de déterminer sa valeur.

- Ce livre, possiblement, en soulèvera d'autres.

- Le deuxième facteur est le pouvoir grandissant des femmes sur la natalité avec le droit à l'avortement. Ce facteur est fort présent au Québec car l'État québécois met de l'avant l'égalité entre les hommes et les femmes avant touts autre forme de pouvoir en Amérique du Nord.

- Au Québec, c'est l'Église qui avait toujours représenté les Britanniques.

- Une confédération peut normalement ajouter ou inclure des libres très librement.

- Pour comprendre l'origine de la recherche pour le Passage du Nord-Ouest, nous devons d'abord faire un recul historique jusau'à l'année 1453, la chute de Constantinople.

- En bref, le sujet des "écoles passerelles" est une problématique presque intemporelle pour le Québec.

- Dans cette recherche, nous avons eu à faire face à des données quantitatives et même qualitatives.

- Résultat, il s'est développé, au courant des 2 derniers siècles, un phénomène connu sous le nom de "Quebec Bashing" qui a pour but principal de dénigrer le québécois en considérant seulement sons statu de francophone.

- J'avoue avoir un petit faible pour les analyses quantitatives.

- À contrario, les analyses féministes en relations internationales cadrent pour la plupart dans le post-positivisme puisqu'elles ont une relation haute en normativité avec le sujet qu'elles étudient.

mercredi 13 mars 2013

Ce jeudi 16 mars: Comité d'accueil pour Agnès Maltais!

Agnès Maltais à l'UQAM à 16h ce jeudi...pour faire un discours d'ouverture dans le cadre de la conférence Femmes, pouvoir et politique dans les Amériques. L'Organisation populaire des droits sociaux (OPDS), d'autres groupes et d'autre militantEs seront là dès 14h45 pour lui faire un comité d'accueil..... Rendez-vous devant la porte de la salle, près de l'agora ! Ou à 14h30 devant le Centre des femmes de l'UQAM (DS-3305).

2004



2013



- Pour les groupes sociaux, la décision de la ministre est une véritable « trahison ». « Agnès Maltais s’était engagée auprès de nous à augmenter les revenus des personnes seules à l’aide sociale », dénoncent-ils.

La coupe qui les dérange le plus touche la prestation pour « contrainte temporaire » offerte aux personnes de 55 à 58 ans, l’équivalent de 129 $ par mois. La ministre dit vouloir la remplacer par une aide mensuelle de 195 $ pour soutenir la réinsertion en emploi.

Les modifications apportées à l’aide sociale n’ont pas fait l’objet d’une annonce. Elles ont été signifiées sans tambour ni trompette en pleine relâche de l’Assemblée nationale. En plus des quinquagénaires, les coupes frappent les jeunes familles et les bénéficiaires de services en toxicomanie.

- Agnès Maltais, propose de limiter à 90 jours la durée d'un séjour payé en centre pour les toxicomanes bénéficiaires de l'aide sociale. Or, en 2009, le gouvernement libéral, qui tentait d'implanter une mesure similaire, mais moins sévère, a dû renoncer à son projet car il a reconnu que cela mettait en péril la santé des gens les plus vulnérables.

- Critiquée de toutes parts pour ces coupes, la ministre persiste et signe : « Je considère véritablement que ce n’est pas l’âge de 55 ans qui est une contrainte à l’emploi et que ce n’est pas d’avoir un enfant en bas âge qui est une contrainte à l’emploi. La contrainte, elle est ailleurs. […] Je veux remédier à cela. »

Elle vante sa réforme, affirmant qu’elle allait « mettre sur pied ce qui n’a jamais été essayé avant » avec un programme structuré d’accompagnement « très fort » et des rencontres individuelles avec chaque personne pour mieux définir quelles sont les réelles contraintes à l’emploi.

- La ministre Agnès Maltais n'a pas consulté le comité chargé de conseiller le gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté avant de proposer des changements au régime d'aide sociale.

vendredi 8 février 2013

Chère UQAM, ce vidéo est bien meilleur que l'original...

... En tout cas, le acting des gens et le scénario est bien meilleur, ça c'est sur :)

Le pastiche:



l'original: http://tv.uqam.ca/default.aspx?v=53435

Site super pertinent!: Plate-forme de partage et diffusion de matériaux et réflexions critiques concernant la vague sécuritaire à l'UQAM https://vaguesecuritaireuqam.wordpress.com/

mercredi 6 février 2013

De la discretion à l'arbitraire

Aujourd'hui le Service de Prévention et Sécurité de l'UQAM (SPS) a décidé de son propre chef d'appeler la police pour venir arrêter quelqu'un à l'intérieur de l'UQAM. Les flics sont allés chercher la personne dans le bar de l'UQAM, elle a demandé si elle était en état d'arrestation, ils ont répondu que oui et elle a dû les suivre jusqu'à leur voiture. Elle a été emmenée au poste où elle a attendu pour finalement se faire dire de partir. Elle serait "sous enquête".

Sous enquête? À cause de la caméra qui a été brisée lors de la manif de la semaine dernière? Parce que l'UQAM avait peur pour ses Portes ouvertes qui avaient lieu aujourd'hui même? Encore à cause de l'histoire des graffitis?

Dans les faits, la personne a été arrêtée et relâchée sans même qu'il y ait d'accusations portées contre elle. Ainsi, le SPS trouvait que l'urgence était telle qu'il fallait AB-SO-LU-MENT appeler la police à ce moment précis. Mais la police n'avait rien pour l'accuser et la retenir. Il lui a été dit qu'elle est "sous enquête", il est donc dans l'univers des possible qu'elle finisse par être accusée de quelque chose (ou non), mais pour l'instant la police ne voyait aucune urgence.

La police; tsé notre fière SPVM qui n'hésite pas à tuer, à casser, et à brutaliser en cas de doute, ne voyait pas l'urgence d'arrêter cette personne. Aussi, nous avons su que le rectorat n'avait aucune idée que la police allait être appelée à l'intérieur des murs de l'UQAM (une enquête interne serait en cours pour savoir comment cet ordre a pu être donné). Tout ceci étant dit, des questions se posent...

Est-ce que le SPS est en train de virer mégalomane? Est-ce que c'est un avant-goût de la Politique 25 qui est encore sur la glace mais pourrait être adoptée au Conseil d’administration? Comment est-ce qu'on a pu se retrouver dans ce glissement qui fait du SPS la force coercitive du politique dans l'université? Pas qu'on ne le savait pas déjà, mais démontré d'une manière aussi grossière, c'est ridicule et effrayant. Savoir que l’administration en a contre les militantEs de l’UQAM et veut se servir du SPS pour nous surveiller et nous faire peur est une chose, mais savoir que le SPS se donne assez d’autonomie pour appeler la police dans les murs de la propriété privée de leur employeur… C’est plus qu’une dérive… C’est un monstre qui est en train de se créer.

samedi 26 janvier 2013

Ce grand moment de cinéma vous est fourni par UQAM.tv



Quelle direction impeccable! Un jeu d'acteurs/actrices plein de nuances et un scénario savoureux!

Je ne sais pas vous, mais moi je ris tellement que je crache en même temps...

...
Heille UQAM on a du fun, mais laisse faire les vidéos pis défais dont les murs d'isolation au plus crisse.

jeudi 24 janvier 2013

"Surveiller pour mieux régner: Panel sur les dérives sécuritaires à l'UQAM et dans le Quartier latin"

Mercredi 30 janvier 2013
18h
UQAM - Café des arts J-6170

Les événements récents entourant le cloisonnement du deuxième étage du Aquin et la multiplication des dispositifs sécuritaires dans l'université ne sont pas isolés et font partie d'une logique sécuritaire. Nous vous invitons dans le cadre de la campagne « « Libérons le Aquin » à une soirée panel-projection-discussion portant sur les dérives sécuritaires dans notre université et dans l'espace public. Le panel se tiendra mercredi le 30 janvier à 18h au café des arts (J-6170).

Programme de la soirée:
- « L'université du fric et des flics »: Premiers mouvements étudiants à l'UQAM et dispositif de répression
- La surveillance comme moyen de répression politique: le cas de l'UQAM depuis 2007 - Revitalisation ou dévitalisation du quartier latin?
- Semer la peur et y répondre: l'impact de l'idéologie sécuritaire sur les femmes
- Projection du film “Le mur” portant sur une dérive sécuritaire à l'université Nanterre en France

mardi 8 janvier 2013

"Un message de la part des camarades du Café Aquin"

Chers étudiants et chères étudiantes,

En cette rentrée de la session hiver-2013, vous avez sûrement constaté que le Café Aquin est fermé. Le verrouillage d’une partie du pavillon Hubert-Aquin a été imposé unilatéralement par l’administration de l’UQAM, tant au Café Aquin qu’aux associations étudiantes situées au deuxième étage, et ce, pour une durée indéterminée. Considérant que l’ampleur des travaux à effectuer a dû nécessiter plusieurs semaines de préparation, l’équipe du Café Aquin s’explique mal que l’UQAM n’ait laissé que quelques heures de préavis avant la fermeture forcée des locaux, à 17h le 20 décembre dernier, précipitant la fin des services au Café prévue pour le lendemain.

Cette décision de l’administration a plusieurs retombées fâcheuses sur les travailleurs et travailleuses que vous croisez quotidiennement derrière le comptoir de votre café étudiant. Il est à noter que pour notre équipe de travail constituée de 15 personnes, ces emplois n’ont rien à voir avec un revenu d’appoint ou une source de divertissement. Ceux-ci sont plutôt la première source de revenu de ses travailleurs et travailleuses qui concilient travail-étude, voire travail-étude-famille. Et cela sans compter les conséquences particulières pour les étudiants étrangers et les étudiantes étrangères dont le statut contraint les possibilités d’emploi hors du campus uqamien.

L’équipe a donc entrepris des démarches pour trouver réponse à nos multiples interrogations concernant la durée indéterminée des travaux, l’absence de préavis et de consultation des parties impliquées, ainsi que le manifeste oubli d’octroyer une compensation financière pour les pertes encourues par les travailleurs et travailleuses relativement à leur source de revenu. Nous attendons une réponse de l’UQAM dans les plus brefs délais. Évidemment, nous n’avons pas l’intention de rester cois et coites advenant un silence prolongé de l’administration.

Dans un effort de solidarité et par souci de transparence, l’équipe du Café Aquin entend diffuser à la communauté uqamienne les informations quant à l’évolution de la situation. L’équipe souhaite de tout cœur que ce problème se résorbe dans les délais les plus brefs, pour permettre que tous et toutes puissions retrouver nos lieux d’organisation politique, de rencontre et d’activités sociales et culturelles, autour d’une délicieuse dose de caféine.

Solidairement

L’équipe du Café Aquin

mercredi 19 décembre 2012

Parce que l'UQAM nous hait EDIT: ALLEZ CHERCHER VOS CHOSES DANS LA ZONE

Dans la grande série “L'UQAM nous hait et veut qu'on brule », le dernier épisode consiste à nous enfermer à l'intérieur du quadrilatère des assos dans le 2e étage du A. Le but est de nous enfermer ou de contrôler l'entrée à ce secteur politiquement et socialement très actif? L'un ne va pas sans l'autre malheureusement. On parle en fait de contrôle d'espace pour des buts “sécuritaires”. Comme d'habitude on peut se demander, la sécurité de qui, de quoi?

(Come on! Les portes qui vont maintenant séparer tous les gens de cet endroit fourmillant des grosses portes/sorties de secours, ça va être des tites portes simples!!! Et qu'est-ce qui se passe sur l'heure du midi? On fait des files? Et que font les handicapé-es? Et en cas de feu? BRA-VO pour votre obsession de la “sécurité”! Vous êtes complètement ridicules et dangereu-ses!)

Le contrôle les contrôle, l'UQAM est complètement obsédée par le contrôle, la sécurité, et la surveillance. Maintenant, pour avoir accès aux assos et au Café Aquin quand illes vont décider de contrôler les portes (des les barrer) il va falloir passer par un chemin choisi par l'UQAM. Illes ne veulent pas nous empêcher d'y aller. Juste rendre ça plus difficile et nous faire passer par des endroits où la surveillance est mieux organisée

Je dis “l'UQAM” ou “illes”, mais c'est l'administration de l'UQAM qui peut prendre ce genre de décisions. Et comme c'est un projet de moins de 100 000$, le CA de l'UQAM n'a pas eu à en être avisé, ni un appel d'offres n'a dû être fait. C'est une décision de l'administration.

Demain en revenant à l'UQAM, il y aura 4 portes de plus pour contrôler nos allées et venues dans un espace que nous avons pourtant passé beaucoup de temps à nous approprier. Où nous nous sentons totalement à l'aise et où nous échangeons énormément d'idées. Les 4 portes seront les suivantes:
1. À côté de l'AEMH
2. Au bout du corridor à côté de Union Libre
3. À côté des escaliers roulants menant au troisième (à côté du bureau de l'entretien)
4. À côté de l'espace où y a des chaises et des tables dans le corridor menant au département de sciences juridiques (à gauche des ascenseurs)








C'est de la provoc? De la naïveté? Une mauvaise compréhension des dynamiques entre l'UQAM et les gens qui occupent cet espace? L'UQAM veut attendre qu'on fasse un 5 à 7 au Café Aquin, va fermer les portes, laisser monter l'eau, et nous noyer pendant que les gens vont quand même pouvoir utiliser l'ascenseur? Pas de farces ça va beaucoup trop loin ce genre d'initiatives prises avec la «sécurité» comme excuse, quand c'est une question de contrôle sur des éléments jugés perturbateurs par notre belle administration toute puissante qui ne lâche un peu de son pouvoir que pour mieux le donner aux main du Service de prévention et sécurité de l’UQAM (SPS) (Uqamien-nes on se rappelle qu'il y a quelques jours illes voulaient nous passer à la va-vite un nouveau règlement donnant plus de pouvoir au SPS pour contrôler les étudiant-es de l'université... D'ailleurs c'est encore un dossier à surveiller, ça doit revenir en CA en janvier) .

Et maintenant? On réagit comment?

Edit: UQAMIEN-NE-S, FAITES CIRCULER: La zone du Pavillon Aquin autour du Café contenue entre des murs depuis tantôt sera inaccessible à partir de demain le 20 décembre à 17h, et ce au moins jusqu'au 3 janvier. Prenez vos choses qui traînent demain parce que vendredi ce sera pas possible. Je suis pas certain mais il se pourrait que le Café aussi soit inaccessible.

Ça ne fait que quelques heures que j'ai écrit ce billet, mais déjà tout change... J'ai vraiment l'impression que ce sont des murs temporaire qui vont leur servir à faire quelque chsoe à l'intérieur pendant qu'on ne verra rien. Reconstruction? Fouille en règle? Vidage des lieux? Ça sent mauvais... Allez chercher vos affaires...

Et j'en profite pour diffuser cet évènement:  https://www.facebook.com/events/420412761361871/

vendredi 23 novembre 2012

J'ai honte d'un prof du département (partie III)

Partie III: La réponse nécessaire

via Union Libre

Le passage du professeur de science politique Julien Bauer à CHOI Radio X Montréal le mardi 20 novembre (http://www.radioego.com/ego/listen/12379) fut très remarqué, mais pas pour les bonnes raisons. Il a en effet accumulé perles après perles, en disant par exemple que ceux et celles qui ont participé à une manifestation pro-palestinienne face aux exactions de l’armée israélienne dans la Bande de Gaza étaient du côté du « Mal » (avec un « M » majuscule), des fascistes qui auraient soutenu le régime nazi, et parlant des étudiant-e-s de l’UQAM qui y étaient présent-e-s, il les a dépeint-e-s comme une bande d’imbéciles qui se font manipuler. Face au terrorisme du Hamas, pour Julien Bauer, il n’y a qu’une réponse, comme nous disait aussi George Bush, celle de la force « civilisatrice » contre la « barbarie ».

Ce que Julien Bauer ne semble pas réaliser, c’est que son discours est de la même engeance que celui du Hamas : fanatique, dépeignant ses adversaires comme ennemi du Bien et de la Vérité, haineux, méprisant. Il refuse le débat avec ces barbares adeptes du « Mal », et ce faisant il sort lui-même de la démocratie qu’il veut défendre, car celle-ci implique la discussion et l’acceptation que l’autre puisse légitimement ne pas partager le même point de vue. Ce n’est pas d’hier que la politique étrangère agressive d’Israël se justifie par la défensive : ceux qui la critique sont affublés du titre peu flatteur d’antisémites. Ce procédé est particulièrement développé en France où les auteurs de textes soutenant la cause palestinienne et critiquant la politique de l’État d’Israël se retrouvent devant les tribunaux pour appel à la haine raciale. Tel est le cas du grand philosophe et sociologue Edgar Morin accusé en outre d’être victime, en tant que juif sépharade, de la « haine de soi » et de trahir son peuple (Benbassa, 2005). Ce qui fait dire à Esther Benbassa que « Le nouvel “antisémite » n’est plus celui qui hait le juif, mais le juif démocrate incapable de fermer les yeux sur le sort quotidien des Palestiniens placés sous occupation israélienne. Curieux renversement augmentant sensiblement le nombre d’intellectuels antisémites en Israël même ! Car il ne manque pas là-bas de juifs clamant haut et fort, dans les médias, leur rejet des décisions de leur gouvernement […] » D’ailleurs, pour cette dernière, « Cette instrumentalisation politique de l’antisémitisme mène en effet inéluctablement à sa banalisation. A un certain moment, il finira par ne plus alarmer grand monde. »

Ainsi, Julien Bauer s’inscrit-il dans une longue tradition qui revient ni plus ni moins à donner carte blanche aux actions de l’État israélien sensé selon cette perspective devoir nécessairement se trouver du côté du Juste et du Bien. C’est une tradition que déplore d’ailleurs le journaliste israélien Amnon Kapeliouk et qu’il voit trop souvent à l’œuvre dans les médias de son pays (Kapeliouk, 2009).

On pourrait attendre plus en terme d’analyse d’un professeur du département de science politique de l’UQAM, une institution dont la réputation de pensée critique n’est plus à faire. Plutôt que d’encourager le débat, la réflexion libre et critique, et d’être un digne ambassadeur de l’UQAM, Julien Bauer n’a au final que nourri les préjugés et exploité la méconnaissance des auditeurs de CHOI Radio X Montréal, faisant usage de « l’arme morale » dans le but de contraindre les personnes qui ne pensent pas comme lui au silence. Il n’a pas éclairé la situation à l’aide de son capital culturel, il l’a occulté au profit de sa propagande en masquant cela par son capital symbolique que lui procure son statut de professeur de science politique à l’UQAM.

Le regretté Thierry Hentsch, qui fut professeur au même département que Julien Bauer, voyait le rôle et la nature de l’intellectuel comme étant essentiellement critiques (de soi, de son rôle, de sa société, de la réalité), et c’est ce qui différencierait l’idéologue au service d’une cause (l’État d’Israël par exemple) du penseur en constante rupture avec lui-même et avec le monde (Hentsch, 1985). Ainsi, pour Thierry Hentsch, « Le propre de l’intellectuel est de s’interroger et d’en vivre. » (1985 : 141). Abandonner cette posture critique, c’est devenir « idéologue, technocrate ou épistémocrate » au service « du pouvoir » ou « d’un pouvoir établi » (Hentsch, 1985 : 142).

Julien Bauer, en mettant de côté tout esprit critique, et en se rangeant résolument du côté « d’un pouvoir » établi, l’État israélien, n’adopte pas l’attitude de l’intellectuel, mais celle de l’idéologue drapé dans sa rectitude morale qu’il prend pour acquise, laissant inévitablement le tort aux autres qui ne pensent pas comme lui et se voient ranger dans les catégories des imbéciles, des fascistes, des antisémites. D’ailleurs dans son inénarrable entrevue, il associe les intellectuels qui ont protesté contre les exactions de l’armée israélienne aux penseurs qui se sont ralliés au régime nazi dans les années 1930 et 1940. Au final, c’est dire que ces intellectuels critiques de la politique de l’État d’Israël sont du côté du pouvoir, et d’un pouvoir maléfique qui veut le mal pour le mal. Mais c’est oublier que dans cette histoire, l’État d’Israël est la puissance militaire régionale et qu’on ne peut comparer les assassinats systémiques du Mossad à de la vertu à l’œuvre, mais plutôt à de la virtù au sens que l’entendait Machiavel, c’est-à-dire la capacité de prendre et conserver le pouvoir.

Au final, l’approche de Julien Bauer ne nous avance guère. Pour avoir moi-même voyagé, travaillé et vécu en Israël pendant huit mois dans un kibboutz (Nir Dawid) en 1999, on comprend rapidement que cette posture moralement rigide est une des sources du problème. Les réponses des ouvriers palestiniens travaillant dans mon Kibboutz à mes questions concernant la nature du problème israélo-palestinien dirigeaient invariablement le tort du côté de l’État d’Israël et plaçaient la justice du côté palestinien. Tandis que les israéliens d’appartenance juive vivant à Nir Dawid défendaient le point du vue totalement opposé, du moins chez les plus âgés qui avaient vécu les guerres précédentes. Le plus jeunes, que je côtoyais au travail, étaient plutôt dégoûtés et fatigués de tout cela et doutaient de la justesse de leur cause pour laquelle ils devaient servir à plein temps dans l’armée trois ans, soit de 18 à 21 ans. Ils avaient été chauffeurs de blindé, artilleurs, démineurs, soldats d’infanterie, tireurs d’élite embusqués dans les buissons du Liban Sud à l’affût d’une cible mouvante du Hezbollah. Ces jeunes avaient voté pour Ehoud Barak et les travaillistes et espéraient beaucoup du plan de paix mis de l’avant par leur premier ministre.

L’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon en 2001, un criminel de guerre au regard du droit international, se déroula en pleine Intifada palestienne (qu’il avait lui-même contribué à déclencher) et signifiait la fermeture de la fenêtre d’opportunité pour la paix sous Ehoud Barak et l’instauration d’un climat d’obsession sécuritaire. La tentative précédente de mettre véritablement de l’avant un plan de paix s’est soldé en 1995 par l’assassinat public du premier ministre travailliste Yitzhak Rabin par un extrémiste juif. Du côté palestinien et du côté israélien, l’espace de manœuvre pour les compromis est faible, les pragmatiques et les modérés se voyant écrasé sous le poids des fanatiques et des sectaires israéliens et palestiniens. Julien Bauer, par son attitude sectaire et fanatique, nourrit donc le cul-de-sac politique actuel où les pragmatiques et les modérés (les seuls ouverts au dialogue et au compromis) sont considérés comme des traîtres par leurs propres compatriotes.

Ainsi, la seule solution viable à long terme d’un règlement pacifique est-elle évacuée du revers de la main par Julien Bauer et les tenants de la ligne dure, qu’ils soient palestiniens, juifs israéliens ou d’ailleurs, pour ne proposer comme solution que la disparition de l’autre ou sa reddition sans concession. On le conviendra, une telle attitude nourrit justement le conflit qu’elle vise à terminer. Cette dynamique sans fin d’une violence qui ne fait nourrir que davantage de violence et camper davantage les positions des extrémistes des deux côtés fut d’ailleurs brillamment illustrée par Stephen Spielberg dans son film « Munich » (2005) où des agents du Mossad sont lancés dans une campagne interminable d’assassinats politiques des responsables palestiniens de l’attentat envers des athlètes israéliens lors des jeux olympiques de Munich en 1972.

En plus de défendre une position politique dangereuse, car menant à un cul-de-sac, et d’occulter la complexité de la situation israélo-palestinienne par une approche manichéenne bien/mal, on peut se demander si Julien Bauer est doté de l’intégrité et de la rigueur intellectuelles nécessaires au bon accomplissement de ses fonctions de professeur au sein du département de science politique. L’idéal du savant défendu par Max Weber implique que le professeur soit apte à différencier l’étude du politique de la politique, donc que dans la salle de classe il outillera ses étudiant-e-s pour qu’ils et elles puissent analyser rigoureusement les différents phénomènes politiques, et il poussera ses étudiant-e-s à remettre en question leurs vérités reçues. Le néant intellectuel de l’entrevue de Julien Bauer, et la basse facilité avec laquelle il juge moralement ceux qui ne pensent pas comme lui (ce qui s’apparente à du terrorisme intellectuel : « ou vous êtes avec nous ou vous êtes avec les terroristes » comme disait George Bush), laissent présager un pauvre travail pédagogique auprès de ses étudiant-e-s.

David Sanschagrin, étudiant à la maîtrise en science politique


Bibliographie

Esther Benbassa, 2005, « Edgar Morin, juste d’Israel ? », Le Monde diplomatique, octobre.

Hentsch, Thierry. 1985. « L’intellectuel à l’usage ». Conjonctures et politique, n° 6, printemps.

Amnon Kapeliouk, 2009, « Israël, Palestine, que peut le droit international ? Le combat solitaire de “Haaretz » », Le Monde diplomatique, mars.

Max Weber, 2003, Le savant et le politique, Paris, La Découverte.


J'ai honte d'un prof du département (partie II)

PARTIE II - Où la réponse à des grossièretés haineuses est répondue par un manque de finesse (personnellement j'aurais trouvé que le message aurait été beaucoup plus clair et moins facilement instrumentalisable par la victimisation de Bauer si ça avait été écrit "Vive la Palestine libre!"... mais bon... Pis "Heil Israël" on comprend que c'est un rapprochement entre sionisme et nazisme, mais je trouve ça douteux pareil...), et où l'UQAM et le département de science politique cautionnent complètement les raccourcis intellectuels haineux et propagandistes de Bauer (En prime une déception! Le directeur du département ne sait plus ce qu'est du racisme!)





Bonjour,

Des propos haineux et racistes ont été inscrits sur la porte du professeur Julien Bauer dans la nuit de mardi à mercredi. Ces méfaits ont déjà été rapportés au Service de la sécurité et de la prévention de l’UQAM et une enquête est en cours. Les tentatives d’intimider et réduire au silence des membres de la communauté universitaire, quelle que soit leur position, sont inacceptables. Je tiens à souligner que le département de science politique ne saura tolérer en aucun moment ce genre de comportement.

Bien à vous,

Julián Durazo Herrmann
Directeur, département de science politique
Université du Québec à Montréal

***

PROPOS HAINEUX, INTIMIDATION, VANDALISME: L'UQAM DÉNONCE DES ACTES INACCEPTABLES

Des personnes, incluant, malheureusement, des étudiantes et des étudiants, se sont livrées hier et aujourd’hui à des propos haineux, à des actions d’intimidation à l’égard du professeur Julien Bauer, et à des actes de vandalisme dans les murs de l’Université du Québec à Montréal.

Ce sont là, pour la Direction de l’UQAM, des comportements totalement inacceptables et la Direction les réprouve et les condamne sans appel.

Les propos haineux et l’intimidation d’une personne ne peuvent, d’aucune façon et en aucun cas, être cautionnés ni tolérés en milieu universitaire et sont absolument indignes de ce milieu.

Il en est de même du vandalisme et de la dégradation physique des lieux de l’Université. Faut-il le rappeler, il s’agit de biens publics appartenant à la population québécoise qui les a payés de ses taxes et impôts.

Les propos haineux, les gestes de menace et d’intimidation posés à l’endroit d’un membre du personnel et les dommages délibérés causés aux biens de l’Université conduiront la Direction à prendre les mesures appropriées, dans le cadre de sa juridiction, en vue de faire respecter les droits de chacune et de chacun.

La Direction

***
Dans La Presse

J'ai honte d'un prof du département (partie I)

Je vous présente Julien Bauer, professeur au département de science politique de l'UQAM et spécialiste des relations entre politique et religion (ça fait peur). En peu de mots voici pourquoi j'ai honte/suis choquée: sioniste qui se sert de sa crédibilité de professeur d'université pour légitimer sa propagande haineuse et manichéenne. Voici la saga en quatre temps.

PARTIE I: L'entrevue à CHOI Radio X (20 novembre) - Ou comment Bauer quitte complètement le terrain de l'échange académique pour entrer de pied ferme dans un monde plein d'opinions haineuses et de raccourcis intellectuels malhonnêtes.

Animateur 1 : Pouvez-vous nous expliquer un petit peu là le problème présentement au Proche Orient entre Israël et la bande de Gaza ?

Julien Bauer :
Y a pas de problème entre Israël et la Bande de Gaza, il y a un problème avec Hamas. Hamas est une organisation qui a été créée il y a un peu plus de 20 ans, qui a une charte qui date de 1988, que j’ai relu hier. On a un peu l’impression de lire les textes nazis. C’est littéralement incroyable ! Alors, le but, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’est pas d’avoir un État palestinien, le seul et unique but, et ils le disent dans leur article 7, est de tuer, non pas seulement tous les Israéliens, ce qui ferait déjà beaucoup, tous les sionistes, mais tous les Juifs partout dans le monde. Ils le disent et l’écrivent avec citations du Coran bien sûr. Vous avez des gens, qui disent clairement, ils ne le cachent pas, que leur but c’est d’abord de tuer tous les Juifs. Ensuite, que tous les États arabes et musulmans du Proche-Orient forment un grand tout. Et finalement, d’avoir un Califat mondial. Autrement dit, un gouvernement mondial, c’est la folie furieuse, musulman, dans lequel, ou bien ceux qui ne sont pas musulmans se convertiront, ou seront traités traité en inférieur. Alors, avec des gens pareil, ça m’a l’air un peu difficile de discuter quoi que ce soit. Le résultat c’est que, ils le disent eux-mêmes, notre constitution c’est le Coran, notre maître c’est Allah et Mohamed le prophète, et notre plus ardent désir est de mourir comme martyr pour la cause.

Animateur 1 :
Ok. Parfait. Jusqu’à maintenant, je vous suis parfaitement M. Bauer, donc Le problème là-dedans c’est le Hamas. Pourquoi d’abord les gens qui manifestent ne manifestent pas contre Hamas et le sortir de la Bande de Gaza, si je comprends bien c’est eux qui contrôlent c’État-là ?

Julien Bauer :
Alors là, vous me posez une question un peu embarrassante, vous me demandez de dire qu’il y a au Québec des imbéciles, et la réponse c’est oui il y en a. Lorsque les gens de Québec solidaire viennent avec des trémolos dans la voix nous dire c’est épouvantable ce qui arrive, alors ce qui arrive bien sûr, on montre à la télévision, on montre les bombardements israéliens à Hamas qui tuent des gens, ce qui très vrai. Mais ce qu’on n’a pas montré c’est qu’en quatre jours il y a milles roquettes, missiles et fusées, qui sont parties de Hamas vers les villes israéliennes. Ah! Et ça, apparemment, ça n’a aucune importance. Alors soyons très très très clair, les gens qui ont manifesté hier, que se soit Québec solidaire, la CSN, quelques étudiants dont le niveau intellectuel n’est pas très élevé de Concordia, et hélas de mon université, l’UQAM, c’est gens-là, en plus de ne rien comprendre, sont à mon avis fondamentalement des racistes. Et j’accuse pas les gens de racisme facilement. D’une part, on peut tuer les Juifs, ça n’a aucune importance, ils s’en foutent. Donc, quand on tue des familles juives en Israël, c’est le cadet de leurs soucis. Deuxièmement, on peut tuer autant d’Arabes qu’ont veut, ça n’a aucune importance. Après tout, on a en tuer déjà 40 000 en Syrie, ils s’en foutent éperdument. Mais si jamais, on peut démontrer qu’un Arabe a été tué par un Juif d’Israël, alors là c’est une bonne victime, dans ce cas-là on en parle. Autrement dit, si je suis un terroriste de Hamas, je lance des fusées sur la population civile israélienne, et les Israéliens, ah! ah!, me répondent en me tirant dessus, mais qu’il y avait quelqu’un à côté de moi, moi je suis une victime, et les gens descendent dans la rue à Montréal en ma faveur.

Animateur 1 :
Mais, M. Bauer, là je vous écoute, pis c’est quand même grave de quoi vous accusez ces gens-là dans les rues hier. Je peux pas croire qu’ils sont aussi innocents que ça. Pas innocents dans le sens de innocents non-coupables.

Julien Bauer :
Ils ne sont pas innocents, ils savent très bien ce qu’ils font.

Animateur 1 :
Ils le savent vous pensez?

Julien Bauer :
Une minute. Amir Kadhir sait très bien ce qu’il fait, Françoise David sait très bien ce qu’elle fait. Ce ne sont pas des imbéciles ce sont des gens qui sont simplement, qui ont décidé de mettre leur intelligence au service du mal. Oubliez pas une chose, si on remonte dans l’histoire, il y a pas tellement longtemps, il y a plein d’intellectuels qui étaient en faveur de Hitler, de Staline, de Pol Pot, de tout plein de toutes sortes de gens qui avaient 10 millions de morts sur la conscience.

Animateur 1 :
Attendez expliquez nous un peu M. Bauer. Où ça?

Julien Bauer :
Bien. Où ça? Vous prenez les intellectuels français, anglais, britanniques, américains, etc., dans les années 1940, qui étaient en admiration devant Hitler, devant Staline. Ils l’ont écrit, ils l’ont dit, ils l’ont fait. Pourquoi? Parce que, alors c’est très gênant à dire pour moi parce que je suis professeur, les intellectuels ont souvent une tendance à se conduire comme des prostitués et à aller du côté du plus fort. Et aujourd’hui, le plus fort apparemment pour eux, c’est non pas l’Islam, mais l’islamisme triomphant, les fous furieux qui veulent un Califat mondial. Donc, mon vieux, c’est pas grave, on va aller avec eux, mais nous on est quand même des gens biens

Animateur 1 :
Ok. Mais M. Bauer, je vous arrête là-dessus, mais je veux juste savoir quelque chose ok, là je vous suis, pis c’est très clair, mais pourquoi d’abord on fait juste montrer les dégâts dans la Bande de Gaza. Là on nous montre des enfants morts depuis à peu près deux-trois jours, c’est dégueulasse. Pourquoi d’abord est-ce qu’on nous montre pas cet autre côté-là dans les médias? Quand le Hamas va envoyer des roquettes sur Israël, pourquoi ça on ne le voit pas, pourquoi on n’explique pas que le Hamas va souvent… Ça me fait penser un p’tit peu, le Hamas et le Hezbollah même chose ?

Julien Bauer :
Non, mais c’est assez proche comme…

Animateur 1 :
Parce des fois, parce que souvenez-vous avec le Hezbollah dans le temps du Liban, on utilisait des familles comme bouclier. On se mettait derrière, on pitchait des lances-roquettes, pis après ça quand on répliquait contre le Hezbollah, bien là on sortait dans les rues avec des enfants décédés. Oui, mais bien là, c’est parce qui pitchait des roquettes derrière caché dans la famille.

Julien Bauer :
Deux points. Le chef de Hamas aujourd’hui est dans un abri 5 étages en dessous de la surface de la terre et au-dessus il y a un hôpital. Autrement dit, on peut pas y toucher il y a un hôpital au-dessus. Ce sont des gens qui se cachent derrière les femmes et les enfants. Les points de départ des roquettes, c’est dans des mosquées, dans des écoles et dans des hôpitaux. Et, ils savent très bien ce qu’ils font. Ils sont prêts à tuer leur propre population. Dix pour cent des roquettes envoyés vers Israël n’y arrivent pas mais tombent sur Gaza. Aucune importance. Ils sont prêts à tuer leur propre population. Maintenant, pourquoi les journalistes se conduisent de cette façon-là? Il y a plusieurs raisons mais une qui est essentielle. Les journalistes au Proche-Orient on une peur panique des organisations arabes. Pourquoi? Parce qu’ils ont peur de se faire descendre. Ils savent qu’ils peuvent dire n’importe quoi contre Israël, ils ne risquent rien du côté israélien. Autrement dit, ils se mettent du côté qui est le plus facile, le moins dangereux. Et en plus de cela, il est vrai que c’est plus facile de prendre des photos ou des images à Gaza qui est beaucoup plus petit que les villes qu’ont été ciblés par Hamas, parce qu’il y en a beaucoup plus et sur un rayon beaucoup plus grand. Et comme les Israéliens ont un système anti-missiles qui marche relativement bien, il y a relativement moins de dégâts. Par conséquent, une maison démolie à Gaza, ça fait le tour du monde, une maison démolie à Kyriat Malakhi en Israël, on n’en parle pas.

Animateur 1 :
Mais M. Bauer comment on peut régler le problème? D’abord dites nous comment ça peut dégénérer parce que dans le contexte où a exhumé le corps de Yasser Arafat qui aurait été potentiellement empoisonné au polonium. Si on le démontre ça dans la prochaine semaine je crois, d’ici dix jours on devrait avoir les résultats. Qu’est-ce qui peut arriver dans cette région du monde-là, est-ce que ça peut dégénérer?

Julien Bauer :
Bon alors d'abord que l'histoire d'Arafat à mon avis ça tient pas debout parce que cette histoire d'empoisonnement est peu vraisemblable et en plus de ça, apparemment, même s'il a été empoisonné c'est un poison qui ne laisse pas de trace après quelques années. Donc on ne pourra rien prouver, on va sans doute dire que on ne peut pas le prouver mais que ça aurait pu arriver, autrement dit, ça n'a aucun sens. Maintenant qu'est-ce qui va arriver, la réponse est : lorsqu'on a affaire à des fanatiques, encore une fois leur but c'est une dictature mondiale, ils ne le cachent pas, ils le disent, il faudrait peut-être écouter ce qu'ils disent. Ils estiment *** qu'il faut tuer tous les juifs, c'est clair, ce sont des appels au ***. Le minimum c'est qu'ils ne puissent plus envoyer de roquettes, et de missiles et de fusées, de tout ce que vous voulez, sur la tête de leurs voisins. Tant qu'ils ont les moyens et la volonté de le faire, c'est le devoir des israéliens non seulement de défendre leur population, aucun État ne peut laisser sa population se faire attaquer comme ça, mais de défendre un minimum de civilité dans le monde parce que si on laisse le voisin impunément vous envoyer des roquettes sur la figure, ça commence en Israël, ça arrêtera où? À Québec?

Animateur 1 :
Ouais mais monsieur Bauer je suis en train de regarder, voyez on me dit que, je regarde un peu là, y a un site libanais affilié au Hezbollah qui est en train de dire que le Hezbollah et l'Iran sont ouverts à faire un pont pour fournir le Hamas en missiles. Ça finira pas tout de suite cette affaire là?

Julien Bauer :
Ben écoutez, si on peut tirer mille missiles en quatre jours, ça prouve qu'ils en ont des dizaines de milliers.

Animateur 1 :
Ouain c'est ça mais pensez-vous qu'on va pouvoir s'asseoir à moment donné et discuter? Non?

Julien Bauer :
Comment voulez-vous discuter avec des gens qui disent : « mon seul et unique objectif c'est de vous tuer »?

Animateur 1 :
Non, je comprends très bien. Ben c'est sûr. Donc tout ce qui reste, c'est que ça va dégénérer.

Julien Bauer :
Le mieux qui puisse arriver c'est que Hamas soit battu et dise ben pendant quelques années on va attendre avant de recommencer à essayer de tuer nos voisins, parce que ça fait mal. Mais sinon, hélas, une solution pacifique avec des gens violents qui disent « la mort est bonne *** » ils le disent, ils le disent, c'est ça qui est incroyable. Mourir est une bonne chose si on tue tous les ennemis, et les ennemis c'est quasiment tout le reste du monde.
Animateur 1 :
Faque finalement on va continuer à voir des images comme ça qui vont continuer à défiler dans la télévision, les journaux...

Julien Bauer :
Oui et on va continuer à voir, si on prend ça par le petit bout de la lorgnette, on va continuer à voir ce qu'on appelait les... les idiots de service. C'est ce que les communistes appelaient les gens qui savaient très bien que Staline était une crapule mais qui défilaient quand même dans les rues en faveur de Staline parce qu'ils croyaient que c'était bon pour le progressisme, pour la libération des peuples, etc. Vous continuerez à voir des gens au Québec, sachant très bien ce qui arrive, comprenant parfaitement ce qui arrive, qui continueront à manifester en faveur de ce qu'il faut bien appeler un fascisme islamiste.

Animateur 1 :
Monsieur Bauer, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous parler ce matin.

Julien Bauer :
C'est moi qui vous remercie.

Animateur 1 :
Merci, bonne journée. Monsieur Julien Bauer, de l'UQAM, département de science politique de la Faculté de science politique et de droit. Doctorat en science politique qui, euh, qui a fait beaucoup de publications, qui que ça fait changement parce que c'est totalement le discours inverse de ce qu'on entend présentement dans les médias là!

Animateur 2 :
Exactement, qui inverse le discours, parce que les gens taxent justement les américains et Israël de fascisme. Lui il dit non, les vrais fascistes ce sont les Palestiniens avec le Hamas. Ben là il utilise quand même des parallèles avec Hitler, Staline, les gens qui supportaient, il y va pas avec le dos la cuillère.

Animateur 1 :
Non, je trouve qu'on est allés loin, même, je veux dire, IL est allé loin ce matin là-dedans là!

Animateur 2 :
Peut-être frustré de voir que y a des gens qui manifestent juste d'un côté.

lundi 10 septembre 2012

Ben c'est ça...

Ou de 100 jours?

Ou jusqu'au Sommet machin éducation?
...

Je suis en train d'effacer la liste de liens de grève sur le côté du blog. Si on m'avait dit qu'il allait rester là presque 7 mois et que j'allais avoir un petit pincement en l'effaçant...
On me dit qu'on a gagné mais je ne ressens rien comme un sentiment de victoire.
Pourtant les gains sont indéniables. Avoir eu 2 ministres et un Premier ministre, être la cause d'une loi spéciale bravée avec brio, que le gouvernement nouvellement élu ait pris l'engagement d'annuler la hausse, et sans oublier (!!!) ces nouveaux liens, cette nouvelle expertise, cette nouvelle créativité et ce nouveau champ des possibles pour des milliers de personnes.

Ça donne le sourire quand même dit comme ça...

( Je dis ça comme ça, mais la petite bannière sur le côté du blog qui "supporte la gratuité scolaire à tous les niveaux" elle est là depuis 2008...si c'est pas 2007... Ouf! On lâche rien!)

dimanche 26 août 2012

Réponses aux détracteurs et détractrices de la poursuite de la grève

Dernièrement, plusieurs ont invoqué que dans un contexte où le mouvement de grève s’essouffle, qu’il n’y avait (1) aucune utilité stratégique à reconduire la grève. On a entendu ce type d’argument dans le cadre des débats sur la reconduction de la grève dans les assemblées étudiantes, on avançait que (2) le petit nombre d’une assemblée donnée ne pouvait avoir d’impact pour l’ensemble du Québec. D’autres arguments furent aussi apportés pour nourrir la démobilisation, notamment le fait (3) qu’il fallait plutôt se mobiliser massivement pour transposer notre opposition dans la sphère électorale (donc institutionnelle). De plus, on a aussi entendu que si (4) notre bataille présente était finie, et qu’on devait être lucide et l’accepter, par contre notre mouvement existait toujours, donc d’autres batailles étaient à venir. Nous tenterons de répondre ici à ces objections quant à la continuation de notre mouvement de grève étudiante sans précédent dans l’histoire du Canada.

(1) L’existence persistante d’un mouvement de grève, même très moindre que ce qu’on a connu au printemps 2012, constitue une menace potentielle pour le prochain gouvernement québécois et maintient vivant dans l’espace public nos revendications. Cette menace potentielle constituant un noyau dur sert à rappeler au prochain gouvernement quelle doit être sa priorité numéro un, car si les lendemains électoraux venaient qu’à décevoir le mouvement étudiant, d’autres associations étudiantes collégiales ou universitaires pourraient décider de le rejoindre par des votes de grèves. De plus, il est évident que des influences puissantes agissent sur tout gouvernement, notamment celle de la communauté d’affaires et celle des idées néolibérales, et que ceux-ci se sentent peu ou pas liés par leurs promesses électorales qui ne visent au fond qu’à nous vendre leur parti que nous achetons avec nos votes. Dès lors, la prudence est de mise devant les bienfaits potentiels que nous pourrons tirer de l’élection hypothétique du Parti québécois. Et si d’aventure nous devions nous retrouver devant un gouvernement libéral ou caquiste, nous serrions alors nu-e-s comme l’empereur de la fable se croyant vêtu des plus riches parures.

(2) La grève du printemps dernier constitue justement l’agrégation de petites associations étudiantes à travers le Québec qui ensemble ont constitué un grand mouvement, et si chacune d’entre elles s’était justement dit que son poids était dérisoire et son action vaine, nous n’aurions pas connu cette mobilisation massive. D’ailleurs, dans le contexte actuel où l'on voit le mouvement de grève décroître, et où l’on se dit que cette décroissance est une donnée objective, et finalement que l’on cède à la réalité en quittant le bateau en perdition, on en vient plutôt à transposer cette idée que le mouvement décline en une réalité, il y alors prophétie auto-réalisante empêchant justement de mettre un frein au déclin numérique de notre mouvement. Combien d’associations étudiantes sont-elles tombées en invoquant cette « fatalité », en amenant d’autres à tomber aussi en en appelant toujours à cette « fatalité ». À cela on ne peut que répondre par le courage politique et l’espoir, deux des ferments de la grève actuelle qui nous ont permis de s’opposer au pouvoir étatique et à ses moyens de répression ainsi qu’à nos administrations scolaires voulant miner notre mouvement.

(3) Le mouvement de grève actuel, par son existence même et ses revendications, constitue une critique de nos institutions politiques libérales et de leur présomption à détenir seules la légitimité politique. Le maintien du mouvement de grève permet donc la continuité de la présence publique de cette critique voulant que la rue, le peuple, et les groupes collectifs non étatiques jouissent aussi d’une partie, sinon, de toute la légitimité politique. L’arrêt du mouvement de grève en un contexte électoral en vient ainsi à dire, par cet arrêt même, que seule la sphère institutionnelle possède la légitimité dans notre régime et peut trancher les différents politiques par la « volonté des urnes ». C’est dire aussi que tout notre mouvement visait à obtenir des élections dans le régime politique actuel, donc que nous nous accommodons très bien du statu quo tant que l’on nous accommode en tant que « groupe de pression ». Or, justement, le mouvement étudiant n’est pas un groupe de pression, la portée de nos revendications, touchant notamment la place de l’université dans la société, dépasse nos seuls intérêts immédiats (soit la hausse des frais de scolarité). De plus, avec la population qui nous a rejoint dans les manifestations, le mot d’ordre disant que « La grève est étudiante et la lutte populaire » s’est validé.

(4) Certes, la fin d’une bataille, advenant que c’est actuellement le cas (ce dont je doute fortement) ne constitue pas nécessairement la fin du mouvement social qui l’a vue naître. Nous ne contestons pas la validité de cette affirmation, mais elle ne dit pas toute la vérité. En effet, les batailles présentes nourrissent le mouvement futur, elles constituent des exemples à suivre, elles créent des mythes appelant les nouvelles générations à l’émulation. Mais pour cela, ces batailles doivent pouvoir être interprétées positivement, c’est-à-dire qu’elles doivent pouvoir laisser espérer aux successeur-e-s que la lutte valait le coup plutôt que la passivité, car cela était garant de gains importants que ne procurerait pas la sphère institutionnelle. En arrêtant notre mouvement maintenant sans gain, comment nourrirons-nous l’imagination des prochain-e-s militant-e-s ? Que diront-ils et elles de notre bataille longue et épuisante, mais vaine ? En ce sens, nous n’avons pas qu’une responsabilité à notre égard, mais aussi envers nos futur-e-s camarades de lutte.

Voter ou ne pas voter ? Nous dirions que la réponse nous appartient, tant d’arguments pour ou contre s’avèrent valides. Mais même si l’on vote, on peut toujours se mobiliser car c’est par la pression de la rue que les gouvernements accordent des gains aux mouvements sociaux et non parce qu’ils seraient bienveillants. En somme, comme on le voit, le maintien de la grève, même si nous ne sommes que 20 000, a de grands avantages stratégiques. De plus, en février dernier la plupart des associations étudiantes s’étaient dotées d’un plancher de grève de 20 000 étudiants. À ce moment plusieurs ont soutenus que ce plancher était trop grand, qu’il était inatteignable et qu’il risquait de rendre l’effectivité de la grève impossible. Or, une fois ce plancher atteint (en très peu de temps d’ailleurs), il a fait boule de neige et ce plancher a été très largement dépassé en moins d’un mois. Donc, si ce noyau se maintien, il sera plus facile de remobiliser le mouvement. Par ailleurs, il y a six mois, nous considérions qu’à 20 000 le mouvement disposait d’un nombre des plus suffisant pour établir un rapport de force viable avec le gouvernement. Dans cette perspective, comment aujourd’hui nous pourrions soutenir le contraire? Parce que nos prédictions et nos espoirs ont été dépassés? Nous devons nous rappeler de notre situation il sept mois et nous rappeler qu’à plus de 20 000 grévistes, le mouvement est toujours fort. Il est moins fort peut-être, mais il n’est pas encore moribond. Qui plus est, si nos espoirs et nos prédictions furent une fois dépassés, il est possible qu’ils le soient encore une seconde et une troisième fois. Rappelons nous qu’à 20 000 grévistes, le mouvement dénote déjà d’une très forte mobilisation. Or aujourd’hui, nous sommes encore plus de 20 000 étudiant-e-s disposant d’un mandat de grève générale illimitée.

David Sanschagrin, Nour Benghellab et René Delvaux

vendredi 24 août 2012

La résistance uqamienne s'organise!

Selon les votes de reconduction décidés par les assemblées générale, nous serons donc l'AFEA, l'AFESH, l'AEMSP et l'AECSSP à résister activement à partir de lundi... Ces assos seraient le coeur de la résistance à l'UQAM? Quelle surprise! < /sarcasme>; Je vois sur bloquonslahausse qu'urbanisme et études urbaines sont aussi en grève, mais je ne sais pas à quel point c'est effectif... D'une manière où d'une autre, les gens vont devoir s'entraider pour les levées de cours.

Pour nous encourager voici les deux bonnes nouvelles d'hier; tout d'abord le syndicat des profs de l'UQAM (SPUQ) a décidé en assemblée générale de défier la loi 12 si les conditions normales d'enseignement ne sont pas respectées. Bref, s'il y a perturbation les profs et leurs déléguéEs syndicaux devront en prendre note et illes sont prêts à arrêter d'enseigner s'il le faut. La CSN les appuiera dans cette démarche.

Ensuite, une résolution adoptée par la Comission des études. Celle-ci indique que le message envoyé le 20 août (vous vous rappellez quand l'UQAM nous avertissait que les cours allaient commencer le 27 coûte que coûte?) doit être corrigé par un message réitérant la légitimité des votes de grève.

Que de bonnes nouvelles! :)

Rendez-vous devant les locaux de l'AFÉA à 7:30 lundi


Les libellés exacts:

- Résolution adoptée le 23 août par la Commission des études de l'UQAM -

Conditions de reprise des cours de la session d'hiver 2012

ATTENDU que la Commission des études a reconnu "que la reprise des cours est conditionnelle au vote de retour en classe des associations étudiantes" (résolution 2012-CE-12049 adoptée à la réunion du 5 juin 2012);
ATTENDU la résolution 2012-A-15714 du Conseil d'administration qui a reçu la résolution 2012-CE-12049 sans la prendre en compte;
ATTENDU le message à toute la communauté de l'UQAM envoyé par la direction le 20 août 2012;

IL EST PROPOSÉ que la Commission des études :

RÉITÈRE que la reprise des cours est conditionnelle au vote de retour en classe des associations étudiantes;
DEMANDE à la direction de corriger dès maintenant son message à la communauté diffusé le 20 août 2012 par un nouvel envoi réitérant la résolution de la Commission des études.

- La proposition adoptée par le SPUQ -

ATTENDU le climat d’incertitude et le contexte extraordinaire de la rentrée;

ATTENDU les votes pris et à venir des associations étudiantes de l’UQAM concernant la reconduction de la grève;

ATTENDU la reconnaissance explicite des libertés politiques et universitaires dans la convention collective des professeures, professeurs et celle des maîtres de langue;

ATTENDU que, tel que stipulé dans un message de la Direction paru sur le site Web de l’UQAM, « les professeures, professeurs, maîtres de langue et chargées de cours, chargés de cours ne peuvent enseigner à des salles vides ni lorsque la sécurité des personnes présentes ne peut être assurée ni encore lorsque les conditions pédagogiques minimales (calme, écoute, disponibilité pour suivre un cours) ne sont pas réunies » [page consultée le 5 juillet 2012];

ATTENDU que le fait de ne pas offrir sa prestation d’enseignement peut constituer, suivant certaines circonstances, un non-respect de la convention collective, du Code du travail et de la loi 12 (projet de loi 78);

ATTENDU que l’Assemblée générale a été informée des conséquences qui peuvent découler d’un non-respect de la convention collective, du Code du travail et de la loi 12 (projet de loi 78);

IL EST RÉSOLU QUE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE :

INVITE les membres touchés par des actions ou circonstances perturbant fortement les conditions normales d’enseignement à exercer leurs libertés politiques et universitaires conformément aux conventions collectives. La décision de ne pas offrir de prestation d’enseignement est prise de concert avec une déléguée, un délégué syndical en concertation avec le Comité exécutif et la FP-CSN. Cette évaluation est faite ponctuellement, pour chaque séance de cours;

MANDATE le Comité exécutif du SPUQ pour déclencher un arrêt de prestation d’enseignement dans des programmes ou des facultés dans l’éventualité où les conditions normales d’enseignement ne sont pas réunies pour ces programmes ou ces facultés et que la prestation de travail est tout de même exigée par l’Université.

mercredi 20 juin 2012

Je donne à nous



Je donne à nous est un OBNL indépendant de collecte de fonds en soutien au mouvement étudiant et social et à la contestation de la loi spéciale.

Nul n’aurait pu prédire l’ampleur que prendrait ce mouvement étudiant. La mobilisation est désormais populaire.

Les enjeux auxquels nous faisons face sont :
1) Contestation de la « Loi 78 »
Cette loi antidémocratique n’épargne personne. Elle restreint la liberté d’expression, le droit de manifester, laisse place au profilage puis s’imbrique dans une volonté de bâillonner toute opposition au gouvernement.
2) Soutien légal
Pour favoriser une défense juste et équitable des 3000 personnes judiciarisées dans le cadre de ce mouvement de contestation populaire. C’est un nombre record dans l’Histoire du Québec.
3) Besoins associatifs
En raison de la durée exceptionnelle de la grève, les finances de nombreuses associations étudiantes sont à sec. Elles ont besoin de support pour poursuivre leur engagement et leurs activités, essentiels au maintien de la mobilisation.

Avançons ensemble!

Numéro de téléphone: 438-930-JDAN | 438-930-5326
Courriel: info@jedonneanous.org
Site web: http://www.jedonneanous.org
Page fb

vendredi 18 mai 2012

Demande d'annulation de la loi spéciale abusive et lettre envoyée pour avertir de future désobéissance civile

Étant donné le caractère complètement abusif et arbitraire de cette loi spéciale, contestons-là. Voici le lien vers le formulaire de contestation pour une requête en nullité :

Comme nombreux d'entre vous, je me suis réveillé ce matin avec un sentiment d'urgence et de colère devant le projet de Loi 78. Je me suis demandé quoi faire et j'ai écrit cette lettre informant, dans la tradition de la désobéissance civile, de mes intentions de contrevenir à cette loi.

Si vous souhaitez faire de même, vous pouvez suivre ce lien pour télécharger un template. http://bit.ly/KyL9Xs


jeudi 5 avril 2012

À propos de l'injonction... Message de l'AFESPED

1. Ordonnance de la Cour supérieure du Québec
2. Impacts de la décision de la Cour supérieure sur la grève

1. Ordonnance de la Cour supérieure du Québec

Le 3 avril 2012, l’UQAM a procédé au dépôt d’une demande d’injonction interlocutoire provisoire auprès de la Cour supérieure du Québec. Cette demande visait à la fois les associations étudiantes facultaires (excluant l’Association étudiante de l’École des sciences de la gestion) ainsi que leurs exécutant-e-s à titre personnel.

Les parties sont parvenues à une entente avant l’audience. L’ordonnance a par la suite été émise par une juge de la Cour supérieure du Québec.

Cette entente réduit considérablement la portée de la requête et est donc pour le moment « un moindre mal ».

L’ordonnance est disponible en pièce-jointe et nous vous demandons d’en prendre connaissance de façon attentive et détaillée.

L’ordonnance prévoit notamment :

Que les associations facultaires s’engagent à ne pas bloquer les pavillons de l’UQAM, à ne pas en obstruer le passage. Page 14 et 15, point a) :

« a) de ne pas empêcher l’accès, la sortie et la circulation par quelque moyen aux pavillons et résidences ci-après décrits de la demanderesse à tout étudiant, professeur, maître de langues, chargé de cours, employé de soutien, cadre, professionnel, visiteur, administrateur, fournisseur, locataire et, d’une façon générale, à toute personne en relation d’affaires avec la demanderesse, ainsi qu’au public en général » [...] voir la liste des pavillons dans le document en annexe, ainsi que : « sis dans les ville et district de Montréal, que ce soit à l’intérieur ou dans le voisinage immédiat de tous les pavillons et résidences de la demanderesse occupés par elle ou par ses locataires, comprenant les stationnements, garages, bureaux, établissements, pavillons, bâtisses, salles de cours, de laboratoire ou autres installations occupés par elle ou par ses locataires »;

Que les associations facultaires s’engagent à ne pas intimider ou menacer qui que ce soit ayant affaire à l’UQAM. Page 15, point b) :

« b) de ‘abstenir d’intimider, de menacer les employés, professeurs, maîtres de langues, chargés de cours, employés de soutien, cadres, administrateurs, fournisseurs, locataires, officiers et représentants de la demanderesse, ainsi que toute autre personne voulant entrer ou sortir des pavillons et résidences occupés par la demanderesse ou ses locataires et y circuler »;

Que les associations facultaires s’engagent à ne pas inciter qui que ce soit à poser les gestes mentionnés ci-avant. Page 15, point c) :

« c) de l’abstenir d’inciter et d’appuyer de quelque façon que ce soit, toute personne, à commettre les actes mentionnés aux paragraphes a) et b) ci-dessus, de les soutenir, les encourager ou les appuyer »;

Que les associations facultaires s’engagent à faire connaitre la présente ordonnance. Page 15, point d) :

« d) de communiquer la teneur de la présente ordonnance aux membres des associations défenderesses, ainsi qu’à toute personne agissant pour elles ».
Toute personne ayant connaissance de la présente injonction est également visée par les clauses mentionnées ci-précédemment.

Advenant que vous ne respectiez pas cette entente, veuillez noter qu’il s’agit d’un outrage au tribunal, passible « d’une amende pouvant aller jusqu’à 50 000$ avec ou sans peine d’emprisonnement ».

Nous vous enjoignons donc à prendre connaissance du document en pièce-jointe (également disponible sur le site de l’AFESPED à l’adresse suivante : http://afesped.org/wp-content/uploads/2012/04/Ordonnance_numerisee.pdf) afin de vous assurer que vous respectiez les conditions décrites dans l’ordonnance de la Cour.

Cette entente est valide jusqu’au 19 avril 2012 à 17h.


2. Impacts de la décision de la Cour supérieure sur la grève

En tant que tel, il est d’une importance capitale de mentionner que cette ordonnance :

NE REMET PAS EN CAUSE LE DROIT DE GRÈVE DES ASSOCIATIONS FACULTAIRES ET MODULAIRES;
N’OBLIGE PERSONNE À RETOURNER EN CLASSE;
N’INTERDIT PAS LES LEVÉES DE COURS,
en autant que celles-ci ne portent pas atteinte à l’ordonnance;
N’INTERDIT PAS LA TENUE D’ASSEMBLÉES GÉNÉRALES, DE RÉUNIONS, ETC., en autant que celles-ci n’aient pas pour dessein d’aller contre l’ordonnance de la Cour.
L’ordonnance de la Cour supérieure vise donc avant tout à nous empêcher de faire des blocages du campus dans son entièreté ou en partie mais ne vise pas en tant que tel notre droit de grève.

Par ailleurs, nous avons pris l’engagement de nous assurer que les levées de cours de chaque faculté soient effectuées exclusivement par des membres que ces mêmes facultés et non par des membres d’autres facultés.

Ainsi, LA GRÈVE CONTINUE au sein des facultés ayant un mandat de grève générale illimitée.

Cordialement et solidairement,

Le comité exécutif de l’AFESPED

mardi 3 avril 2012

Les scabs, les baillons, et nous

Une fois n’est pas coutume; aujourd’hui j’ai vécu une expérience qui m’a beaucoup bouleversée et que j’aimerais partager avec vous. Ajoutez à ça que nos exécutantEs d’assos facultaires en grève ont reçu une injonction dans la gueule, et je trouve que ma journée s’est passée sous le signe des scabs et de la répression. De la laideur et de l’individualisme. De l’arrogance et de la violence.

Tout d’abord, un accro pendant blocage des pavillons des sciences de l’UQAM ce matin. Au-delà du fait qu’il me semblait que les gens qui auraient du savoir ne connaissaient pas si bien le terrain, et ses nombreux tunnels de pavillons à pavillons, c’est surtout un incident physique qui m’a remuée, mentalement et physiquement.

Nous voyons un groupe de gens devant une porte discuter très fort. Nous nous approchons pour constater que des gens étaient derrière la porte, tout en filmant à travers la fenêtre, ils voulaient faire entrer les gens de l’extérieur qui insultaient les gens qui bloquaient pour entrer. Nous embarquons dans la discussion tout en se plaçant devant la porte, et à mon grand déplaisir, une dame qui semble avoir des traits asiatiques nous engueule en anglais en disant qu’elle avait décidé de venir au Québec pour travailler et que si c’est pas ça qu’on veut faire, qu’on a juste à s’en aller du Québec. Elle continue à vociférer que tout ce qu’elle veut faire c’est aider l’économie et que nous on fait rien. Pendant ce temps les prix nobels qui étaient à l’intérieur poussent sur la porte en hurlant (toujours en se filmant) qu’on les empêche de sortir, qu’on les empêche d’utiliser une sortie, et que c’est illégal (gang de morons vous aviez même pas de manteaux, on vous a vu venir de loin… pendant que vous vous trouviez sûrement ben intelligents)! On se rend compte que techniquement c’est vrai qu’on doit les « laisser sortir » (i.e. ouvrir la porte), mais il n’était quand même pas question de laisser entrer la gang qui voulait « aider l’économie » (sic).

À partir de là, tout est allé très très vite. Je me suis fait pousser vers l’intérieur entre la gang qui ouvrait la porte et la gang qui poussait pour entrer. Je me suis ramassée dans les escaliers qui montaient et j’ai fait la seule chose que mes réflexes m’ont permis de faire : avec mes deux mains, je me suis accrochée de toutes mes forces aux deux rampes d’escalier. Ce faisant, je bloquais encore une partie des gens qui avaient voulu entrer et celui qui était devant moi était un grand homme beaucoup plus large et grand que moi, qui criait très fort en anglais et qui me poussait fort. Dans le brasse-camarade des secondes qui ont suivi, j’ai perdu pied dans l’escalier et il m’a allégrement marché dessus dans sa passion féroce pour aller travailler. J’ai crié. Beaucoup. Parce que j’ai eu mal, parce que j’avais la rage, et parce que j’étais désorientée. Mais j’ai crié. J’ai crié fort. Évidemment, le tout encore filmé par le taouin qui se découvrait sûrement un grand talent de caméraman et qui pense sûrement que cet enregistrement constitue la preuve ultime de « nous les méchantEs bloqueurEs ».

Si vous voyez un YouTube d’une fille qui hurle dans un vidéo antigrève « LÂCHE MOI! TU ME FAIS MAL! TU ME MARCHES DESSUS! AHHHHHHHHHHH!», c’est moi.

Je pense que j’ai de la difficulté à en revenir à cause des images qui me reviennent et du sentiment d’horreur qui ne s’en va pas.

- Qui veut tellement aller travailler qu’il est prêt à marcher sur quelqu’un pour le faire?
- Pourquoi filmer pour nous « prendre au piège » (par la porte « fermée », par la violence, par l’altercation)? Il me semble qu’une attitude beaucoup plus humaine aurait été d’essayer de calmer le jeu au lieu de mettre de l’huile sur le feu.
- De la même manière, leur petit mensonge (« laissez nous sortir! ») n’a été fait qu’à l’intention de la caméra. Ils voulaient monter de toutes pièces un vidéo qui les montre comme victimes. Et le scénario de ce vidéo n’avait comme finalité que d’exister en lui-même. Les gens qui ont fait ce vidéo n’ont jamais eu l’intention que ça se passe bien, ils espéraient que ça se passe mal, et j’ajoute même que de faire entrer leurs camarades était accessoire. Ils voulaient prouver un point par un vidéo.

Je suis profondément bouleversée par cet épisode. Ce n’est pas comme un flic en uniforme duquel tu t’attends à te faire tabasser (quand ça arrive ça choque, mais on s’y attend quand même…), c’est un dude normal. Ce sont des civils normaux qui nous ont piégés, et qui nous ont poussés. C’est un civil normal qui m’a poussée qui m’a marché dessus… parce qu’il voulait aller travailler.

Je pense que dans la bousculade, après m’être relevée de terre je l’ai empoigné et tiré en lui criant de s’en aller, de me laisser tranquille. Je ne sais plus… L’autre gros cave doit le savoir lui sur sa caméra…

***

Dans un ordre d’idée pas si lointain, je vous présente Maude N. Béland. Maude a contribué activement à espionner des pages et des profils Facebook d’individus et de comités dans le but de les donner à son maître, euh s’cusez, son employeur, qui est l’UQAM, dans le but de produire une injonction de 300 pages avec tout plein de captures d’écran. Rien de moins.


Belle perruche, tu auras un biscuit.

D’ailleurs… Ne paniquons pas, nous avons déjà vu ce genre d’initiatives dégueulasse de la part de l’UQAM. À l’époque tout était tombé, les exécutantEs de l’époque n’avaient rien eu à payer et personne n’est allé en prison. Par contre je me rappelle que ça avait donné un coup dur au moral. Ce qui ne doit pas arriver aujourd’hui. Le cégep d’Alma ces jours-ci nous prouve qu’il y a moyen d’être créatifVEs pour empêcher les cours.

Disons que je nous donne tous et toutes la soirée pour revenir de nos émotions. Demain matin on repart en feu.

samedi 17 mars 2012

Le Centre des femmes de l'UQAM se fait intimider

Concernant la nuit de la création du 12 mars 2012, dans le pavillon DS

Les personnes ayant jeté couleurs sur ces murs sont des personnes ayant pris part à la grève de 2012 contre la hausse des frais de scolarité et à la nuit de la création, lors de la soirée du 12 mars. Il s’agit de vos comparses étudiants et étudiantes.


Dans la panoplie d’activités créatives qui ont été mises en place lors de cette soirée, des étudiants et étudiantes ont peints les murs du DS, au troisième étage dans les couloirs des locaux de groupes affinitaires et comités étudiants de l’UQAM.

Avec l’accord et l’autorisation du service de sécurité, les activités qui se sont déroulées dans ces environs étaient supervisées.

Bien que ce ne soit pas la première fois, nous constatons que suite à ces évènements, le centre des femmes de l’UQAM est victime de nombreuses menaces verbales provenant d’étudiants et d’étudiantes en colère ou vivant de l’incompréhension face à ces actes.

Nous tenons à vous informer que le conseil exécutif du centre des femmes de l’UQAM n’est pas en soi responsable de ces actes et se retire de toutes responsabilités entourant cet évènement. L’intimidation que vivent les usagères est injustifiable et de plus, stigmatise les femmes qui visitent ce local sur une base régulière ou non.

Étant conscientes du message explicite maintenant véhiculé sur les murs entourant le Centre des femmes de l’UQAM, nous tenons cependant à afficher notre solidarité envers les individus ayant pris part à cet évènement et crue pertinent d’afficher les revendications féministes en lien avec la grève de 2012. Nous partageons l’idée que les analyses féministes manquent d’exposition dans l’UQAM et sont parfois même tassées du revers de la main, pour ainsi exclure une communauté entière des débats au sein de la mobilisation pour la grève, dans les corridors, dans les locaux associatifs, modulaires ou encore dans les salles de cours de l’établissement.

Nous tenons à rappeler que cette communauté exclue n’est pas celle des féministes, mais celle des femmes en tant que groupe social.

Si vous désirez plus d’explications, nous vous invitons à venir prendre le thé.
Il nous fera plaisir de discuter calmement.

Nous vous écrivons ces lignes avec respect, nous nous attendons à ce que vos agissements soit aussi respectueux.

Merci et bonne journée.

Mars 2012, conseil exécutif du Centre des Femmes de l’UQAM.





IKTUS...C'est pas gentil l'intimidation... Personnellement, moi je trouve que le troisième du DS est beaucoup plus accueillant et chaleureux maintenant.