mardi 7 avril 2009

journal d'une ex-étudiante....




Je manque tout.

Des manifs au levée de cours, des AG au rassemblement populaire. 

Je manque tout.

Il est vrai que je travaille pas mal, sans doute trop. Tellement que je prend maintenant le journal  "le métro". Et pas tous les jours. 

Je suis un électron libre, sans racine, qui perçoit vaguement ce qui vient de berri-UQÀM, qui suit sagement du cellulaire la réalité.

C'est clair que j'aimerais être là. Je serais sans doute déçue à mon tour.  

Mais tous les jours, je pense au militants-militantes qui sortent des sentiers battues pour crier l'évidence : l'éducation ne va pas bien.

J'y pense parce que si je travaille si fort, c'est que je suis maintenant responsable de la "mesure-alimentaire" dans une école primaire du quartier St-Michel. 

J'y pense parce que depuis un peu moins d'un mois, je gravite dans un monde étrange qu'est le monde de la CSDM... 



Étrange parce que c'est un monde de professionnelle, un monde de procédures... un monde d'enfants... différents...

Entre les EHDAA, les enfants en classe d'accueil et ceux qui sont dit "normaux", le temps passe horriblement vite. 

J'ose pas trop en parler pour le moment, mais ça viendra... La situation est encore trop sensible.

Par contre, une chose est sûr, c'est une énergie de tous les instants est en place pour qu'ils puissent avoir la chance de poursuivre leur étude... reste à savoir s'ils vont avoir les moyens d'y aller...




Les gentils toutous des profs

J’ai lisais un texte parlant de l’UQÀM, qui décrivait l’émerveillement des professeurs-es invités-ées quand ils découvraient les relations importantes qui rattachent le corps enseignant et les étudiants-es.

Quand nous parlons à des étudiants-es qui viennent de d’autres universités, ils sont toujours surpris de voir à quel point nous sommes « en admiration devant les profs ».

De manière générale, nous aimons nos profs, et nous les tenons en haute estime. Parce que nous croyons qu’ils et elles partagent les mêmes valeurs? Parce qu’ils sont facile d’approche? Parce qu’ils et elles nous enseignent des matières qui nous passionnent?

Ceux qui nous enseignent connaissent leurs étudiants-es. Nos passions, nos valeurs, nos préférences politiques. Ils et elles reconnaissent les militants-es dans leurs cours, et j’ai plus d’une fois partagé des discussions passionnantes dans des bureaux ou des couloirs à cause d’un macaron sur mon sac ou d’une idée sociale (politique!) que nous avions à peine effleurée dans le cours.

À cette connaissance s’ajoute celle des étudiants-es en tant que groupe mobilisé. Les profs ont connu plusieurs vagues de grèves et de mouvements étudiants. Ils et elles savent aussi bien de quoi nous sommes capables, que nos limites sont beaucoup plus élargies que les leurs.

Ils et elles savaient.

Savaient qu’en stimulant les étudiants à « les encourager pour le bien de l’université que nous aimons tous », c’est une mobilisation et des actions de grève estudiantines qu’ils et elles encourageaient.

Je ne dis pas que les écarts étaient espérés, je dis qu’ils ont pesé dans le calcul. Je dis qu’en chatouillant la fibre uqamienne des étudiants-es, c’était écrit dans le ciel qu’il y allait y avoir des actions qui n’allaient pas entrer dans le cadre léché de leur grève syndicale.

Je dis que vous êtes plus que naïfs-ves si vous pensez qu’en AG ou en exécutif du SPUQ, le sujet des étudiants-es n’est pas mentionné, toujours en se demandant jusqu’à quel point les syndiqués peuvent/doivent s’associer à cette force indéniable de l’UQÀM.

Bref je dis qu’ils et elles n’auraient pas du nous faire croire qu’un rapport de force entre parties patronale et salariés pouvait servir de base à un mouvement visant à changer la gestion de l’éducation en général et de l’UQAM en particulier.

J’affirme également avec force que nous sommes niaiseux-seuses.
Parce que nous avons mit notre esprit critique de côté pour y croire.
Parce que nous voulions embarquer dans un mouvement qui nous tenait à cœur (refinancement! Gouvernance!), nous sommes entrés à pieds joints dans un gros piège : celui de donner plus de visibilité aux profs (et en prime nous levons les cours des chargés de cours!).

Nous y gagnerons plus de profs, mieux payés, donc une amélioration de nos conditions d’apprentissage (et nos frais vont sûrement augmenter… pendant ce temps-là, toujours pas de livres à la bibliothèque).

Personnellement, j’y ai perdu un peu de ma naïveté constatant maintenant que mes profs sont descendus de leur piédestal. Eux aussi sont capables d’instrumentaliser pour atteindre leurs propres buts.

Je suis en train de remettre en question mon inscription aux études supérieures à l’UQAM. Non seulement je n’ai jamais fait la grève pour les appuyer, même si je suis en accord avec leurs revendications, mais là ça ne me tente même plus de les voir.

lundi 6 avril 2009

Dissociation et centralisation

Je ne sais pas pourquoi il y a autant de centralisation dans la grève étudiante… C’est laid et ça tue l’esprit d’initiative (et ça endort la combativité militante!).

Maintenant, parlons de lui.

Il est devenu, pour les sceptiques dont je fais partie, une sorte de symbole^^.
Le symbole de la méfiance cristallisée et des espoirs déçus.

J’ai entendu dire qu’en revenant de la manif de vendredi il était passé dire au SPUQ de manière assez fâchée qu’il allait dire à tous les étudiantes et étudiants de ne plus appuyer la grève des profs parce que ces derniers étaient des « collabos ». Le syndicat des profs à commencé par mal réagir (« Nous avions dit à nos membres de retourner chez eux par leurs propres moyens, c’est ce qu’ils ont fait »), puis il s’est informé pour savoir qui était ce Youri, et jusqu’à quel point la masse estudiantine mobilisée était d’accord avec lui.

Le peu de personnes à qui j’ai parlé, qui avaient été questionnées par le SPUQ, a pris la peine de me dire qu’ils avaient bien fait comprendre aux profs que le gars avait été trop extrême, qu’ils ne partageaient pas sa position, et qu’ils pardonnaient aisément aux profs de ne pas avoir embarqués.

...

Si un dude en furie se pointe pour dire quelque chose au SPUQ, aussi maladroit soit son message, ça veut dire quelque chose. Il n’est pas seul dans sa tête.

Il y a des gens qui restent chez eux (dont des militants!) parce qu’ils ne croient pas les profs.

Une personne m’a dit qu'après notre lamentable prise de la rue vendredi, elle avait spontanément écrit une lettre dénonciatrice et pleine de colère à donner aux profs.

Bref, le dude en furie représente une certaine partie des étudiants, et il aurait été bien de s’en rendre compte au lieu de se dissocier et de contribuer à balayer l’accident du revers de la main. Je ne trouve pas ça super solidaire.

***

Aujourd'hui, le SPUQ et l'AFEA (art) ont reconduit la grève. Pas l'AFELC (langues et communication).

samedi 4 avril 2009

UQAM en grève!

Un petit tour dans nos archives pour me rendre compte que nous sommes encore en 2008. uqamengreve.org et nonaudegel.com ont disparu du net, et uqamengreve.com est apparu il y a quelques jours. J’ai remis notre section à jour. Belle initiative et bon contenu. J’aurais aimé qu’ils indiquent qui y participe (étudiants-es? Profs?). À cause des photos (hihi! Nous avons du nous croiser, j’ai les mêmes évènements en photo) je soupçonne une initiative étudiante (sc po?), mais ça ne change rien à la pertinence du contenu. (Via La Commune).

La grève, la grève…

Tous les étudiants, sauf Science, sont en grève. Je suis surprise d’y voir autant de gens qui font tranquillement leurs travaux. Je dois admettre que cette année je suis complètement dépassée par la situation… Pas en demi-grève, mais en grève totale dans tous mes cours. J’essaye de rester à jour dans mes travaux, mais je suis pas mal sure que c’est déjà un lamentable échec.

Participé à quelques levées de cours. Un cours de psycho avait verrouillé sa porte et quand nous avons réussi à entrer (en tassant la déléguée qui avait été volontaire pour « s’occuper des grévistes ») ça criait de tous les côtés : « Ça fait deux semaines qu’on fait pas de cours pour être solidaires des profs, ça suffit! », « De toute façon votre grève ne nous concerne pas, psycho veut se désaffilier de l’AFESH! ».

Quand c’est moi qui prends la parole, je parle de manière globale. Jamais je ne parle de « grève d’appui aux profs ».

Je ne fais pas la grève pour appuyer les profs!

Je fais la grève pour les mêmes raisons que l’année passée. Pour attirer l’attention sur la manière déplorable dont l’éducation est entreprise au Québec (« entreprise » t’a pognes tu?^^) et dont la situation à l’UQAM (idées sur la gouvernance/ méthodes et distribution du financement/ considération des employés-ées/ idée marchande du but de l’institution) n’est qu’une des représentations parmi tant d’autres. Évidemment que je veux que la situation particulière de sous-financement à l’UQAM et aux universités se règle au pc, mais la racine du problème est plus loin.

Je vois bien que les membres du SPUQ ne se peuvent plus d’être solidaires entre eux. Je trouve ça beau à voir. Je sais bien que la visibilité (enfin!) du mouvement a été possible parce que nous les avons rejoints, et non parce que les étudiants seuls sont en grève (pauvres naïfs-ves qu’on était l’année passée). Mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer que dans les manifs, la majorité des profs sourient de manière condescendante ou gênée en entendant les étudiants scander et que quand on se rend au local du SPUQ, nous sommes reçus froidement. Comme tout bon militant en feu, se sont les plus engagés dans la grève qui se manifestent le plus pour nous parler de « bâtir des solidarités » et de « défendre l’éducation ». Ils sont méga! Des fois j’y crois pour de vrai, jusqu’à temps que je perçoive une froideur… et que je recommence à être sceptique.

« Et s’ils se font proposer une offre en or à condition de laisser tomber le refinancement ou les revendications sur la gouvernance? »

N'oublions pas que tout ceci est dans un contexte de négociation de convention collective. De rapport entre un patronat et une partie de ses salariés.



Néanmoins, je ne suis pas inactive. Je participe en espérant que nous ne servirons pas de « chair à canon », comme disait si bien quelqu’un en AG.


Yay! Bloquer le pont qui mène au casino! En fait, les forces de l’ordre l’avaient déjà fait quand nous sommes arrivés;). Nous nous sommes installés. Pas assez longtemps à mon goût (la SPVM peut se montrer convaincante) et deux d’entre nous se sont fait coller une contravention dans le processus.


La manifestation d’hier était très bien, même sous la pluie. J’adore vraiment les percussionnistes de la CSN^^. J’ai même reçu un diplôme d’une des usines à diplôme qui posent devant le bureau de la ministre. En revenant, nous avons voulu reprendre la rue. Un gros bravo/merci de la solidarité aux deux professeures d’urbanisme qui sont resté avec nous (les seules), même quand les policiers-ères ont commencé à nous rouler dessus avec leurs vélos et leurs fourgonnettes.


En reprenant la rue, je me suis questionnée étant donné que les profs nous regardaient d’un drôle d’air. Puis j’ai bien ri quand j’ai entendu : « Ils ont juste à nous accepter comme on est! ».

Voilà

À QUI L’UQÀM?
À NOUS L’UQAM!

vendredi 3 avril 2009

Parce que j'aime les patates ^^

et aussi son blog, voici donc mon coup de coeur de vendredi 

vraiment, l'actualité en patate, ça me plaît beaucoup :)



Dignité de femme et pichet de bière

Nous étions un groupe de sceptiques-qui-aimeraient-être-convaincus à boire pour oublier après l'AG de mardi. Des connaissances nous ont rejoints et il y avait toujours de l’alcool sur la table. Les discussions roulaient bon train et une amie s'est avancé sur le terrain du féminisme:"Les gars, est-ce que vous vous considérez comme féministes?"

Le “oui” fut unanime et spontané, accompagné de grands hochements de tête approbateurs. Ils ont discuté sur le sujet et de l’avis de tous, c’était une belle conversation. Ils avaient plus ou moins changé de sujet quand un d’entre eux a commencé à avoir des propos déplacés envers les femmes.

Malaise autour de la table.

Le même individu pousse encore plus loin et embarque la gestuelle. Il colle la seule femme qui était présente et lui met le bras autour du cou.

Ma copine a explosé. Elle a envoyé chier le gars en question, a pris toutes ses affaires et est partie. Un des hommes présents lui a couru après pour lui dire que les autres et lui même se dissociaient totalement de ce que l’autre avait dit.

Le lendemain quand j’ai croisé tout le monde, j’ai entendu parler de l’histoire (parce que j’étais déjà partie à ce moment) par presque tous les participants à la discussion.

C’était beau à voir.

Les gars que je connais m’ont bien expliqué qu’ils se dissociaient de ce qui avait été dit à ma copine, que l’autre gars avait eu un comportement « complètement inacceptable », qu’il n’était pas leur ami, juste une connaissance de même en passant…

Mais c’est la fin qui est la meilleure.

Un d’entre eux m’a dit qu’après que mon amie soit partie ils avaient dit au gars que « ce n’était pas fort » et lui avaient fait sentir : « Il s’est senti mal, il nous a payé un pichet pour se faire pardonner ».

Mon amie était mal à l’aise. Elle disait qu’elle n’aurait pas dû pousser le gars et se pousser tout court sans dire salut. Elle était mal parce qu’elle avait l’impression qu’avec l’alcool ça lui avait fait moins bien « prendre la joke ». Elle était mal parce qu’elle avait senti sa dignité attaquée par ces paroles et ces actes et qu’elle se demandait si elle n’était pas trop sensible.

J’ai annihilé son malaise.

Évidemment avec le discours de : « Si t’étais mal à l’aise dans ton interaction sociale avec quelqu’un ce n’est pas toi qui as à te sentir mal. Tu n’as rien fait de mal. Quand on ne trouve pas ça drôle, ce n’est pas une joke ».
Mais beaucoup plus quand je lui ai dit que de toute façon, les gars qui se sont dissociés ont racheté sa dignité en se faisant acheter un pichet de bière.

Ils ont pardonné le gars. C’est gentil. Gageons que le tata ne payera jamais de pichet à mon amie pour se faire pardonner.

Bien sûr que du chemin a été parcouru. Il y a quelques années (même encore aujourd'hui) nous aurions eu droit à : « Vous avez dont ben pas le sens de l’humour les filles! C’était juste une joke! » Tandis qu’aujourd’hui nous avons droit à des excuses et une dissociation dans les règles.

Je reviens toujours à la même comparaison… Si quelqu’un avait tenu des propos aussi grossièrement racistes qui avaient fait se lever quelqu’un de la table, est-ce que tout le reste des gens serait resté assis pendant que celui qui tenait des propos douteux leur payait de la bière?

Mouain… C’est ce que je pense aussi.

jeudi 2 avril 2009

Les droits de l'homme ce n'est pas pour les femmes (ça le dit)

Caricature de Chapleau de la Presse.

Le texte controversé, adopté en catimini par le Parlement afghan en février puis signé par le chef d'État, prévoit pour les chiites -- 10 % de la population -- un code de la famille séparé qui, entre autres dispositions, légalise le viol conjugal.

Ce que je me suis dit aussi:
Commentaire de: Sylvie St-Laurent
Au Québec et au Canada, le viol conjugal a été permis jusqu'en 1983. Ils sont juste en retard de 26 ans sur les québécois...
2009-04-01 23:09:51