vendredi 14 août 2009

Les mercenaires

Je suis loin d'être convaincue du bien fondé des forces armée étatiques, mais je ne suis pas convaincue du bien fondé d'un État alors...

Par contre, je suis définitivement contre les mercenaires lors de conflits armés.

Quand je pense à unE soldatE, je pense à unE professionnelLE du conflit armé, avec tout ce que ça comporte; il et elle connaissent leur mission, savent les règles à suivre, et savent que ça fait "partie de la game" de perdre sa vie (un membre? sa santé mentale? Son meilleur ami?). Les débordements existent et je les impute à certaines vicissitudes de la culture militaire en elle-même (des supérieurs qui couvent les frasques de leurs petitEs, une mentalité grégaire, un sentiment de domination envers ceux qui n'ont pas d'armes...), plutôt qu'aux seuls individus.

Mais les mercenaires ne sont pas des professionnels, ils n'ont pas de cadres établis, rien à suivre, personne à écouter, et leurs raisons personnelles dominent complètement "leur mission". Pour couronner le tout, ils sont engagés par des entreprises dont le but est de faire de l'argent (belle tautologie, étonnant que celle-là doive être répétée sans arrêt)!

Un peu de Blackwater pour bien commencer la journée?

Plusieurs des mercenaires employés par M. Prince avaient des problèmes psychologiques, d'alcool ou de drogue. «Des employés disaient être venus en Irak pour tuer le plus de "sales Arabes" possible», note John Doe no1.

Certains directeurs régionaux de Blackwater refusaient d'envoyer ces hommes sur le terrain, mais leurs décisions étaient infirmées par la direction de Blackwater aux États-Unis, qui avait peur de «perdre de l'argent».

[...]Les deux hommes notent que tous les véhicules de Blackwater étaient munis d'une caméra vidéo qui filmait les missions durant la journée. «Chaque soir, les dirigeants de Blackwater regardaient les vidéos. Celles qui étaient jugées compromettantes étaient effacées.»

[...]«En plusieurs occasions après mon départ, la direction de Blackwater m'a personnellement menacé de mort ou de violence, déclare-t-il. De plus, selon des informations provenant d'anciens collègues, il semblerait que M. Prince et ses employés aient tué une personne qui avait fourni de l'information aux autorités fédérales, ou qui prévoyait le faire.»

jeudi 6 août 2009

Merci Daniel!

Je t'aime depuis le tout début. Mes premières années au Québec, quand j'étais une enfant qui parlait français avec un petit accent cassé, et que mes ados de soeurs me faisaient chanter " Sèche tes pleurs " et " Opium " dans notre sous-sol.

Je t'ai suivi partout, même dans cet étrange Déflaboxe dont je ne pourrais plus me passer.

Aussitôt que j'ai eu l'âge de faire mon propre argent, j'ai économisé pour aller te voir, et ta musique a côtoyé sur mes étagères du Nirvana, Pink Floyd, Bérurier Noir, Tupac et Nine Inch Nails.

Signe des temps et de mon affection, tu es également le seul artiste de qui j'achète toute la musique que je possède.

Hier tout était parfait. Toujours ponctuel, souriant, agréable et heureux de nous voir.

J'ai reçu une belle rose blanche, mais elle sera fanée bien avant que j'oublie le souvenir d'une autre soirée spéciale avec toi.

Merci Daniel!

mercredi 5 août 2009

Quand une femme est un dû

Hier en écoutant les nouvelles à Radio-Can, j'ai entendu une nouvelle d'un tireur fou qui était entré dans un cours d'aérobie et qui avait fait trois victimes.

La première pensée qui m'est venu en tête est: "Me semble qu'il ne devait pas y avoir beaucoup d'hommes dans un cours d'aérobie".

Voilà. Trois femmes sont mortes.

Elles sont mortes parce que le type en question était convaincu qu’il devait en posséder une pour être un homme. Elles sont mortes parce qu’il n’avait pas eu de sexe depuis 1990. Elles sont mortes parce qu’il était convaincu que 30 millions de femmes l’ont rejeté.

Évidement, la majorité va mettre ça sur le dos de sa santé mentale chancelante (pour ne pas dire déficiente) sans aller plus loin, mais je reste convaincue dans ce cas là, que ces femmes sont mortes parce que le type ne pouvait pas admettre que ÇA SE PEUT être célibataire, et que ÇA SE PEUT que les femmes puissent décider avec qui elles sont. Que l’eau de Cologne et une petite gueule carrée ne sont pas une garantie d’attraction, surtout quand ça cache un psychopathe.

En plus, vous imaginez comment il devait approcher les femmes? Ça ne devait pas être très attirant merci…

Il n’était pas amoureux, il n’avait pas de peine d’amour (ce qui n’aurai rien rendu plus excusable). Il voulait une femme. N’importe laquelle pourvu qu’elle soit attirante et attentive. Un beau faire-valoir à qui il aurait pu raconter sa dure journée au bureau.

Et j’ai hoché la tête de découragement et de dégoût quand j’ai lu ce que sa voisine en disait. Parce qu’elle ne l’avait jamais vu avec une femme, elle a juste assumé qu’il était gai!

Les raisons pour qu’un cinglé pète sa coche sont plurielles. Mais dans le cas présent, j’en relève deux principales. Cette conviction profonde pour certaines personnes qu’un homme doit posséder une femme, que c’est un dû, c’est « naturel », et cette autre conviction que le célibat est nécessairement une honte, une tare, qu’il faut éviter à tout prix.


***

Dans un autre ordre d'idée, mais sur le même thème, en fin de semaine, je jasais avec un client régulier à mon travail qui s’est surpris parce que j’ai repris son français :

Client amusé : « Tu te permets de reprendre le monde? »

Pwel : -Ben les gens que je connais un minimum oui. Si tout le monde reprenait tout le monde, nous aurions tous un meilleur français

Client réfléchissant : - C’est pas fou ce que tu dis. Moi je corrige seulement ma blonde parce qu’elle éduque mes enfants. Faut qu’à parle bien, c’est une grosse responsabilité.

Pwel, souriant narquoisement : - Tu veux dire que tu corrige ta blonde qui a assez un grand cœur pour éduquer tes enfants d’un premier mariage, leur faire faire leurs devoirs pendant l’année scolaire, leur faire à manger, et les coucher pendant que toi t’es ici à boire?

Client : …

mardi 4 août 2009

Ces proprios qui nous détestent

Nous déménageons en octobre.

Nous voulons céder le bail à quelqu'un d'autre. Ce n'est pas la joie de communiquer avec le gestionnaire du bloc (le proprio n'habite même pas au pays et possède plusieurs immeubles), mais c'est propre, super grand, et bien situé (et surtout, maintenant toutes les réparations sont faites!). Nous savons très bien qu'il peut augmenter facilement son loyer de 300$ ou 400$, nous avons donc décidé de passer des annonces pour trouver des intéresséEs.

J'appelle le gestionnaire pour lui dire et pour lui demander s'il peut fournir la peinture blanche pour les nouveaux-elles qui vont s'installer.

Sa réponse?

"Vous ne pourrez pas le céder, il faut que j'accepte avant."

et

"Je n'ai pas à payer la peinture, votre bail fini en juin. Qu'est ce que ça me fait à moi qu'ils vivent dans la vieille peinture? Légalement vous ne pouvez pas m'obliger."

S'ensuit une autre conversation aux dents serrées où je lui dit qu'il ne peut pas refuser s'il n'a pas de bonnes raisons et que je n'avais pas l'intention de l'obliger, mais que ça serait bien pour les gens qui entrent dans un nouvel appartement. Que ça serait civil quoi.

En fouillant sur le site de la Ligue des proprios de Montréal voici une belle phrase qui illustre bien le rapport qu'on certains proprios quand leurs locataires font preuve d'un peu d'autonomie:

"La notion de"motif sérieux" varie beaucoup d'un régisseur à l'autre, et la possibilité de résiliation varie selon l'attitude socialiste et pro-locataires du régisseur qui entend la cause."

C'est moi ou c'est hostile comme phrase?

mardi 14 juillet 2009

Pratte, les cigognes et les relations causales

Un jour, pour illustrer des relations causales douteuses, une prof nous a parlé de statistiques venant des Pays-Bas. Il paraîtrait que la région où il y a le plus de natalité humaine est aussi la région… où il y a le plus de cigognes qui y habitent.

J’ai eu le même rire pour une autre relation causale douteuse. Malheureusement, celle-là sera écoutée puisque prononcée par la pensée dominante.

Plusieurs pensées pêle-mêle :

-Est-ce que les cégeps sont comptés dans ce savant calcul? Parce que nous n’avons pas le même système que dans leur sacro-saint « reste du Canada ». Et j’ai comme des doutes comme quoi les jeunes ne vont pas au cégep…

-Je pense que la société québécoise ne valorise pas les études, la culture et l’apprentissage comme d’autres cultures peuvent le faire, notamment nos voisins canadiens-anglais.
Est-ce que ça explique notre sous-financement de l’éducation qui est plus important que dans les autres provinces (ça évidemment Pratte n’en souffle mot)?

-Je pense ce n’est plus de l’enseignement qui nous est vendu en études postsecondaires, mais un diplôme. On nous vend un diplôme pour travailler, on a fait des établissements postsecondaires des fours à étudiantEs qui doivent sortir des fournées de travailleurEs. Plein d’étudiantEs ne veulent pas étudier, mais travailler. Pour elles et eux, l’université est un passage obligé, douloureux. On se retrouve avec des gens qui ont soif d’apprendre dans la même pièce que des gens qui ont juste hâte de cracher leur examen dont ils se sont bourré le crâne.

Ce qui m’amène au sujet de la tricherie. Si vous saviez à quel point j’ai constaté de la tricherie à l’université…, c’est vraiment navrant. Des tricheuses et des tricheurs de toutes les classes sociales, de tous les styles, et de toutes idéologies politiques. Mais comparativement à certaines personnes qui préfèrent annuler simplement le cours qu’elles ne réussiront pas ou accepter l’échec en sachant qu’elles vont le reprendre, parce qu’elles voient leurs études sur le long terme, les chasseurs de diplômes n’annuleront pas le cours « ark! Ça va me rallonger! », et ils vont avoir beaucoup moins de scrupule à tricher.

-Les diplômés qui auront un travail vont contribuer, par leurs impôts, beaucoup plus efficacement au système d’éducation qu’en faisant des études à la va-vite (vite faut travailler!) et en ayant de la difficulté à payer leur loyer ET leurs études. Nous allons finir par payer de toute façon alors pas de panique…

-Qui plus est, est-ce qu’il ne serait pas mieux d’avoir des diplômés qui diversifient la sacro-sainte productivité? Ce n’est pas en dilapidant ses ressources naturelles que la Norvège a pu fleurir (et se sortir assez bien de la crise!), mais parce qu’elle investi à long terme dans l’éducation. Ça donne des gens instruits qui sont capables d’innover dans les niveaux supérieurs de l’économie. Pourquoi se contenter d’avoir seulement des mineurSEs quand nous pouvons aussi avoir les concepteurs et conceptrices des machines et des outils?

-Ces dernières années, il y a comme une folie de constructions universitaires… « Il n’y a pas d’argent pour l’éducation », donc les lieux physiques de nos universités doivent se multiplier pour attirer plus de clientèle, pour continuer à être aussi financés. On parle de constructions de plusieurs millions ici, qui ne seront pas utilisables pour les payeurs immédiats. Les étudiantEs de l’Université de Sherbrooke ont payé de leur poche pour voir un nouveau pavillon à… Longueuil. Les étudiantEs ont donc payé pour des installations auxquelles ils et elles n’auront pas accès. On dirait bien que le principe d’utilisateur payeur ne marche que quand c’est le temps de payer, pas de recevoir…

-La main d’œuvre étudiante est une mine d’or pour une partie du patronat. Et la pensée dominante à tout intérêt à la garder disponible et ayant besoin d’argent.

-Question niaiseuse, si je paye mon pain plus cher est-ce que je l’apprécie plus quand je le mange?

Vous voulez rendre l'université plus "appréciée"? Rendez-là plus difficile. L'argent n'a rien a voir dans l'effort requis, donc, dans l'accomplissement.

Louis sur le même sujet

jeudi 2 juillet 2009

Sus aux publicités sexistes!



Je deteste les annonces de Budweiser placardées partout dans la ville. C'est rare que je sens les autocollants me démanger, mais là les publicités courrent après.

Quand même mes copines qui ne se plaignent jamais des publicités sexistes m'appellent pour me demander s'il me reste des autocollants, c'est que la publicité (ou son omniprésence), a frappé fort. Assez pour réveiller certaines consciences.

Gracieuseté du collectif Les délicates attentions. À faire imprimer et coller partout où le besoin se fait sentir. Personnellement, j'adore^^.

Via jesuisfeministe.com

mercredi 1 juillet 2009

Pas sûre…

Même à la distance où nous étions, nous voyions beaucoup de rouge et de feuilles d’érable. Puis se sont détachés un immense drapeau du Canada (pourtant nous avions choisi d'être loin de l’orgie nationaliste), avec un, pas beaucoup plus petit, drapeau du Royaume-Uni qui le suivait.Le groupe était bruyant, et certains éléments semblaient tenir des cadres.

-Namoureux : Argh! Des colonialistes!!! On devrait leur piquer leur Union Jack!
-Pwel (yeux écarquillés) : Ben voyons donc! J’y crois pas!

On s’est approchés pour mieux comprendre, mais quand même irrités en voyant qu’un des cadres transportés était une photo de notre Gracieuse Souveraine :

-Pwel (en souriant) : Heille! Est-ce que vous vous arrangez pour manger une volée?
-Gars dans le groupe (plein de joie) : Vous êtes des Québécois faique vous devez vous mettre à genoux!
-Pwel : Oh! Vous n'êtes pas sérieux? Y’a un concept?! On se disait aussi que des colonialistes avaient l’instinct de survie…
-Fille dans le groupe (ne se peut plus d’avoir du plaisir) : Oui! On est les Jeunes patriotes!

Et ils se sont éloignés dans une masse rouge criant des insultes aux Québécois et acclamant le Parti Libéral et la monarchie anglaise.



Attardons-nous seulement sur ce que j’ai vu de loin, sans même entendre leurs voix.

Des drapeaux canadiens, un drapeau du Royaume-Uni, un cadre avec une photo de la tête de la monarchie anglaise (je me suis fait dire qu’il y avait aussi un cadre d’ Ignatieff).

Je comprends le concept d’une « contre-manifestation ». Il y a de « fausses manifs de droites » très réussies qui étonnent à première vue et qui finissent par faire sourire et réfléchir.

C’est clair qu’il y avait une idée de sarcasme, mais ce n’était vraiment pas évident avant de les voir de près ou de les entendre. La couronne était assez ridicule (et ne ressortait pas bien), mais tout le reste était très crédible. Ça n’avait absolument rien à voir avec des stéréotypes « de droite » qui manifestent en rang, séparés en sexe avec des symboles religieux qui crient « les pauvres dans l’armée! Pas à l’université! ".Le deuxième niveau n’a absolument pas la même profondeur.

Ça aurait très bien pu être une gang d’excités un jour de fête.

C’est beaucoup de préparation pour faire une démonstration d’une ampleur que l’équipe adverse n’a pas fait (ark! Ils ont dépensé pour un Union Jack et un méga drapeau du Canada?!). Et surtout, ce n’était pas clair, ça aurait pu être de la propagande fédéraleuse-monarchiste.

Se déguiser en Canadien fanatique aujourd’hui, ce n’est pas comme leur faire de la pub? Me semble que si j’étais une nationaleuse, la journée où je ne parlerais pas du tout du Canada ça serais aujourd’hui non?

Au mieux c’est une catharsis pour les Jeunes patriotes, au pire c’est une attaque qui se veut blessante, mais maladroitement exprimée (parce qu’au pire pire, c’est perçu comme de la propagande canadienne). Mais ce n’est pas une démonstration aussi efficace qu’une fausse manifestation de droite.

Oh, ils l’ont aussi fait l’année passée, jugez par vous-même.

Et pour la petite histoire, j'ai trouvé ça discutable que la seule démonstration de fédéralisme qui m'ait été imposée aujourd’hui l’ait été par des souverainistes