jeudi 26 juin 2008

Love hurt.... et bien...





Je ne pensais jamais vivre ça, du moins, je l'espérais. Il y a quelques jours, j'ai vue ma cousine de 17 ans rebondir sur les murs, victime des impulsions de violence de son conjoint. Typique dans le sens qu'elle vient d'un milieu familial disfonctionel, mère au capacité parentale douteuse, père violent puis absent, hypersexualisation précose et relation de couples problématiques.

Ce soir là, j'avais vraiment mal. C'est son jeune frère qui est entré en pleurant qui nous hurlait de téléphoner à la police parce qu'il allait tuer sa soeur. J'ai vue qu'il avait un énorme couteau à la main, il hoquetait. C'était une roue infernale de la violence... il n'a qu'onze ans...

Ce qui me trouble encore plus, c'est qu'elle n'a que 17 ans... J'avais presque oubliée que la violence chez les jeunes filles existe bel et bien.

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selon l’Institut canadien de recherches sur les femmes (ICREF) :

•La moitié des femmes canadiennes ont survécu à au moins un incident de violence physique ou sexuelle.

•Plus d’un quart (29 %) des femmes canadiennes ont été agressées par un conjoint. Quarante-cinq pour cent des femmes agressées par un partenaire masculin ont subi des blessures physiques. Ces blessures ncluaient des contusions, des coupures, des écorchures, des brûlures, des os fracturés, des fêlures, des blessures internes et des fausses couches.

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Parce que je travaille dans cette réalité (intervenante dans le quartier St-Michel) j'avais oubliée quelques instants que la violence contrairement à la richesse est très bien distribuée. J'ai seulement été soulagée de savoir que nous étions qu'à quelques pas l'une de l'autre et que si le besoin était, j'étais là...

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La violence est-elle biologique? Devons-nous baisser les bras face à elle?

Si la violence constituait un impératif biologique chez les mâles, tous les hommes seraient violents; or, ils ne le sont
pas. Beaucoup d’hommes sont des gens corrects, aimants, responsables et respectueux, qui ne s’en prennent pas
aux femmes. Pour comprendre le problème, nous devons décoder les divers éléments associés à la socialisation
des garçons. Plusieurs garçons sont aiguillonnés à prouver leur « masculinité » par des actes de violence et une
absence de compassion. Le nombre de modèles violents proposés aux garçons, qu’il s’agisse de lutteurs, de
boxeurs, de héros de guerre ou de casse-cou, dépasse largement celui de modèles d’hommes paisibles,
responsables et attentifs. Les hommes faibles et insécures ont souvent l’impression de devoir contrôler les autres,
et notamment les femmes, pour « prouver leur virilité ».

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Dans la horde de policier que nous avons vue ce soir là, une policière. Elle était si cassante que je me sentais mal à l'aise. Quand ma jeune cousine fut partie elle dit tout haut à son collègue :

- J'ai rien dit... j'ai rien dit...

- ...

- ouf... c'est juste plus fort que moi... regarde-là, elle n'a que 17 ans... ça me tue c'est affaire là !

Ça m'a fait du bien. Et j'espère que ma cousine va porter plainte, pour elle. J'aime bien cette image que je lui ai dites : c'est comme les coquerelles, tu ouvres la lumière et ils se cachent. Ne reste pas de le noir avec la vermine. Nous sommes là.

2 commentaires:

Pwel a dit…

!!!Au front avec la petite!!!

Ça écoeure:( mais la seule chose qu'on puisse faire c'est lui donner le support dont elle va avoir besoin pour se battre...

Avec un peu de chance, cette lutte là va lui faire comprendre que l'amour ce n'est pas supposé nous rentrer dans les cadres de portes...

Cédric a dit…

Terrible histoire que voilà !

Frapper quelqu'un est vraiment le recours des faibles !

Bien difficile de croire en la bonté humaine quand on a vécu cela à 17ans...

Bon courage à elle.